La ministre démissionnaire de l'Education, de l'Enfance et de la Culture, Joëlle Milquet, a symboliquement passé le relais à ses deux successeurs, Marie-Martine Schyns et Alda Greoli, lundi après-midi lors d'une brève cérémonie au siège du gouvernement empreinte de bonne humeur. Devant la presse conviée pour l'événement, Mme Milquet a souhaité plein succès aux deux nouvelles ministres qui auront à mener à bon port deux gros chantiers lancés par l'ancienne présidente du cdH, à savoir le Pacte pour un enseignement d'excellence et son équivalent pour le secteur culturel, l'opération "Bouger les lignes".

"Ce sont deux TGV lancés à pleine vitesse qui vont changer de pilote", a commenté Mme Milquet.

Se disant confiante de leur bonne concrétisation, elle s'est aussi félicitée que deux femmes aient été choisies pour lui succéder.

L'ancienne ministre leur a à nouveau réitéré son offre de service.

"Je suis dispo pour aider mais je ne jouerai pas les belles-mères...", a-t-elle toutefois promis.

Comme de coutume, la ministre sortante a offert quelques cadeaux à ses deux successeurs.

Alda Greoli, nouvelle ministre de la Culture, rentrera chez elle les bras particulièrement chargés puisque Joëlle Milquet lui a offert un coffret reprenant toutes les dernières productions cinématographiques belges francophones, le coffret des Magritte du cinéma, un livre sur la littérature belge francophone, ainsi qu'un coffret d'une demi-douzaine de CD de la jeune scène rock belge.

Alda Greoli a également reçu un livre sur le bouddhisme, un de ses centres d'intérêt, a confié Mme Milquet. "C'est bien pour prendre distance par rapport aux choses face aux critiques de la presse et de l'opposition", a ironisé Joëlle Milquet.

Marie-Martine Schyns s'est, elle, vu offrir l'essai "Dix propositions pour changer l'école" de François Dubet et Marie Duru-Bellat, paru l'été dernier ainsi qu'un résumé -confidentiel- des grandes réformes envisagées par le Pacte pour un enseignement d'excellence.

Les deux nouvelles ministres ont toutes deux rendu hommage au travail abattu par Joëlle Milquet ces deux dernières années.

La gorge parfois nouée au cours de cet hommage, Joëlle Milquet a répété lundi être "victime d'une interprétation inédite et infondée" de la législation qui lui vaut aujourd'hui d'être inculpée pour prise illégale d'intérêt.

Elle est soupçonnée d'avoir engagé à son cabinet lorsqu'elle était encore ministre de l'Intérieur plusieurs collaborateurs pour préparer spécifiquement sa campagne en vue des élections de mai 2014, ce qu'elle conteste vigoureusement.

Elue en 2014 à la Région bruxelloise, Mme Milquet devrait retrouver dès cette semaine son siège de députée au Parlement bruxellois.