José Happart a longtemps été le fer de lance du combat wallon. Le président de l’aéroport de Liège est aujourd’hui retraité de la politique. Mais il garde un œil acerbe sur la vie politique. Extraits.

L’installation du nouveau conseil communal à Fourons a donné lieu à de nouveaux échanges très vifs entre élus francophones et le bourgmestre N-VA Huub Broers. Suivez-vous encore l’actualité fouronnaise ?

C’est un scoop que je vous fais : depuis le 25 décembre, je suis de nouveau domicilié à Fourons. Je n’avais plus de raisons d’être domicilié à Liège. Je m’y étais domicilié pour pouvoir être député wallon. Mais j’ai terminé mon mandat politique. Ma terre, c’est Fourons. Je suis donc retourné à Fourons.

Comptez-vous vous réimpliquer dans la vie politique ?

Non. J’ai bientôt 66 ans. Je n’ai plus l’âge de faire le para-commando. J’ai plutôt l’âge d’être conseiller de l’état-major...

Vous pensez que la périphérie est perdue ?

Ils sont cuits.

Les facilités vont disparaître ?

Si on les défend comme maintenant, certainement. Pour les Flamands, c’est une affaire d’une ou de deux générations. La première est passée.

Et sur Bruxelles ?

Bruxelles devient une grande ville internationale où l’anglais est de plus en plus parlé. Il y a par ailleurs de plus en plus d’élus bruxellois d’origine non européenne. Ces gens-là ne sont pas intéressés par la défense du français. Ils ne sont pas là pour cela.

Ce n’est pas pour cela que Bruxelles va devenir une ville flamande…

J’espère que les partis francophones actuels vont prendre des mesures assez radicales pour éviter que Bruxelles devienne une ville flamande.

Pour vous, la Wallonie doit être autonome, indépendante ?

Depuis toujours, je suis pour le confédéralisme. Francis Delpérée a dit un jour que le confédéralisme, c’est le fédéralisme des cons. Mais les trois lettres "c-o-n", cela veut dire "ensemble" ! Le confédéralisme, c’est donc faire une fédération ensemble. Mais les Flamands n’ont pas reçu leurs apaisements. Bart De Wever va faire une démonstration en 2014 comme on n’a pas idée. Puis il disparaîtra. Il est l’expression de la défiance des Flamands par rapport à la Belgique et à l’establishment.

Découvrez l'intégralité de l'interview de José Happart dans votre Libre Belgique de ce samedi.