La possible implication de Didier Reynders dans le Kazakhgate reste une énigme absolue pour le moment. Dans un courrier adressé à la Chambre, le vice-Premier ministre MR indique en tout cas n’avoir eu “aucun contact” avec les principaux protagonistes de cette importante affaire de trafic d’influence.

Pour rappel, dans le Kazakhgate, la France aurait fait pression sur la Belgique afin qu’un homme d’affaires, Patokh Chodiev, soit débarrassé de ses ennuis judiciaires dans notre pays. Au printemps 2011, le Parlement belge adoptait dans la plus grande précipitation une loi (mal ficelée) élargissant la transaction pénale. Celle-ci sera utilisée dès juin 2011 par M. Chodiev, ce qui mettra fin aux poursuites pénales qui pesaient contre lui.

“Pure affabulation”

Selon certaines sources, le cabinet Reynders aurait fait pression sur le Parlement afin que la loi soit votée dans les meilleurs délais – le cas Chodiev devait être résolu très rapidement. En outre, en juin 2015, Le Monde” écrivait que les avocats de Patokh Chodiev, à savoir la Française Catherine Degoul et le Belge Armand De Decker (ex-président MR du Sénat), auraient été mis en contact grâce à Claude Guéant (ex-ministre français de l’Intérieur) et Didier Reynders. “Pure affabulation”, avait réagi le libéral. Il a toujours nié toute implication dans le Kazakhgate.

Dans son numéro de ce jeudi, “Paris Match” cite cependant un témoin anonyme qui indique que, “quant à Didier Reynders, Degoul disait avoir mangé avec lui une fois ou l’autre à Bruxelles”. Ce jeudi aussi, “Le Vif” cite même des dates de rendez-vous.

La commission parlementaire sur le Kazakhgate a interrogé par écrit les vice-Premiers de l’époque (MR, PS, CDH, CD&V, Open VLD) afin de préparer leurs futures auditions. Elle leur a notamment demandé de communiquer les contacts qu’ils ont eus avec des protagonistes du Kazakhgate : De Decker, Guéant, Jean-François Etienne des Rosaies (un émissaire de l’Elysée) et… Catherine Degoul.

Quid des collaborateurs

Didier Reynders répond : “je n’ai eu aucun contact” avec ces personnes-là “dans le cadre du dossier Chodiev”. Cette dernière précision laisse entendre qu’il aurait pu les voir dans d’autres circonstances. C’est évidemment le cas d’Armand De Decker, qui fait partie de la même formation politique que lui. Le cas sans doute aussi de Claude Guéant, en tant que ministre. Voire, donc, de Catherine Degoul.

Par ailleurs, M. Reynders ne précise pas si ses anciens collaborateurs ont, eux, eu des contacts avec ces mêmes personnes. Son audition devant la commission d’enquête risque d’être très suivie.