L’affaire, typiquement belge, prend des allures de vaudeville. Après Woluwe-Saint-Pierre la semaine dernière, c’est au tour des communes de Kraainem, en périphérie bruxelloise, et de Woluwe-Saint-Lambert de s'opposer au projet flamand consistant à fermer deux bandes de circulation automobile aux Quatre Bras de Tervueren. Pour rappel, La Libre dévoilait la semaine passée les détails de l’un des projets de la Région flamande qui planche actuellement sur le réaménagement du ring autour de Bruxelles. Ce projet prévoit de supprimer deux bandes de circulation automobile aux portes de Bruxelles pour en faire deux routes cyclables bidirectionnelles. Actuellement, il existe déjà une piste cyclable - mais en mauvais état - sur l’avenue de Tervueren.

La Région flamande, en accord avec la Région bruxelloise, ambitionne de tester ce projet de mobilité entre août et octobre afin de voir dans quelle mesure il génère ou non un report de trafic aux abords des axes structurants de l’avenue. Le hic, c’est qu’il apparaît aujourd’hui qu’un flou important persiste autour de la mouture du projet soumise pour avis aux communes… qui n’est visiblement pas celle que la Flandre ambitionne de mettre en place à terme.

"Aucun accord politique" au sujet de la fermeture du bras sud de l’avenue de Tervueren 

Le projet qui a été officiellement présenté aux communes comme projet pilote par les autorités flamandes et bruxelloises consiste à supprimer une bande de circulation automobile dans chacun des deux bras (nord et sud) de l’avenue de Tervueren jusqu’aux Quatre Bras, et de la remplacer par une piste cyclable. Vendredi dernier, le collège de la commune d’Auderghem s’était positionné de manière nuancée en constatant "ne pas être en capacité de rendre un avis favorable vu l’absence de données objectives sur l’impact de la mise à une bande de circulation de l’avenue de Tervuren sur le report de trafic dans la chaussée de Tervuren, sur le carrefour Léonard et le viaduc Herrmann-Debroux".

Interrogé mardi par La Libre, le porte-parole de la Werkvennootschap, le bras armé de la Région flamande dans ce dossier, annonce toutefois que, dans un second temps, "lorsque le carrefour Quatre Bras sera réaménagé, le bras sud sera entièrement réservé aux cyclistes, et le bras nord aux véhicules à moteur". Or ce scénario final de fermeture du bras sud à la circulation automobile n’a pas été évoqué et encore moins présenté aux communes.

De quoi faire bondir le bourgmestre d’Auderghem, Didier Gosuin (Défi), qui s’interroge sur les véritables intentions de la Flandre dans ce dossier. Mardi, l’intéressé a écrit illico à la ministre bruxelloise de tutelle, Elke Van den Brandt (Groen), afin de lui demander de se positionner officiellement sur "le projet caché de la Flandre". Dans l’attente d’un retour de la ministre, M. Gosuin a suspendu l’avis rendu par son collège communal. Contacté, le cabinet de Elke Van den Brandt souligne qu’aucun accord politique avec la Flandre n’a été conclu au sujet de la fermeture du bras sud de l’avenue de Tervueren, et que la Région bruxelloise s’est engagée uniquement sur le projet tel que présenté actuellement, à savoir le maintien d’une bande de circulation automobile dans chacun des deux bras de l’avenue.