Kris Van Dijck ne sera resté au perchoir du parlement flamand que trois semaines. Elu à la présidence de l'assemblée le 18 juin, il doit s'effacer le 11 juillet, jour de la Fête flamande, après avoir prononcé le traditionnel discours qui est le point d'orgue politique de cette journée. "Les événements récents ne me permettent pas d'exercer plus longtemps ma fonction de président du parlement flamand", a-t-il expliqué.

"J'estime ma démission nécessaire pour ramener la sérénité. Parlementaire flamand depuis la première élection directe du parlement, c'était mon rêve de présider cette assemblée, la plus haute assemblée de Flandre. Je regrette de clore cette histoire en mode mineur. J'ai commis des fautes dans ma vie et je le regrette. Mais comme je l'ai déjà dit: je ne peux remonter le temps", a-t-il ajouté.

L'intéressé conteste les accusations portées contre lui. Il veut pouvoir se défendre "en toute sérénité". "Je n'ai rien fait qui soit contre la loi. Qui me connaît un peu, le sait bien", a-t-il affirmé.

Agé de 55 ans, Kris Van Dijck est un militant flamand depuis l'adolescence, quand il rejoint les rangs de la défunte Voksunie. Il étudie à l'Ecole Normale de Wijnegem dont il est diplômé en 1987. En 1995, il est élu au parlement flamand et devient bourgmestre de Dessel, en province d'Anvers.

Quand en 2001, la Volksunie implose, il choisit d'abord le camp de ceux qui ne veulent pas de scission du parti qui porte les aspirations autonomistes flamandes avant de rejoindre la N-VA de Geert Bourgeois.

De 2004 à 2006 et de 2009 à 2012, il est chef de groupe au parlement flamand. Il se profilait depuis un certain temps comme futur président de l'assemblée mais devra attendre la retraite de Jan Peumans pour voir son ambition se réaliser.

Il ne sera resté au sommet que peu de temps. Le 7 juillet, l'annonce d'un accident dans lequel il est impliqué alors qu'il revenait d'une soirée en état d'ivresse le fait vaciller. Le 11 juillet, les révélations de P-Magazine sur sa relation avec une prostituée et une intervention en sa faveur dans un dossier de possible faillite frauduleuse provoquent sa chute.

M. Van Dijck reste député flamand pour le moment.

Vendredi, le bureau du Parlement flamand se réunit sous la direction du président ad interim Filip Dewinter pour désigner un successeur. La N-VA n'a pas voulu donner de précision sur le candidat qu'elle proposera.

Le parti n'a pas prononcé de jugement sur le comportement et les fréquentations de M. Van Dijck: "Nous ne sommes pas un tribunal", a commenté le chef de groupe, Matthias Diependaele.