En 2019, elle a atteint son pourcentage le plus bas depuis 2004, à 0,42% du Revenu National Brut (RNB), sous la moyenne européenne et bien loin de l'engagement international de 0,7% du RNB, ressort-il du rapport annuel du CNCD-11.11.11 sur l'aide belge au développement, publié jeudi. Après une législature de coupes budgétaires, l'aide publique belge au développement a atteint 1,95 milliard d'euros l'an dernier, en diminution de 18,4 millions par rapport à l'exercice précédent. Ramenée au RNB, l'APD ne représente plus que 0,42%, un niveau historiquement bas, sous la moyenne européenne de 0,46% et bien loin de l'engagement international de 0,7% décrété dans les années 1970.

"La Belgique fait désormais partie des mauvais élèves européens. Quasi tous les pays voisins font mieux", commente Nicolas Van Nuffel, chargé de plaidoyer pour le CNCD-11.11.11.

Pour la coupole d'ONG et de mouvements citoyens, cette situation est le fruit de deux législatures consécutives marquées par l'austérité à la suite de la crise financière de 2008.

La Belgique concentre néanmoins 32% de son aide dans les pays les moins avancés (PMA) et les plus fragiles. "C'est à saluer car c'est là que l'aide est la plus nécessaire dans des contextes également plus risqués", explique le secrétaire général du CNCD Arnaud Zacharie. Si ce montant est supérieur à la moyenne mondiale (27,7%), il reste cependant inférieur aux engagements internationaux (50%).

Pour le CNCD, la volonté de défendre les droits des femmes, clairement affichée sous la précédente législature, est également à souligner. "Mais seuls 57% de l'aide intègrent la dimension de genre de façon transversale, loin de l'engagement européen de 85%", indique encore le rapport.

Enfin, la mobilisation de financements privés - autre cheval de bataille du précédent gouvernement - n'est pas toujours adaptée au contexte des pays les moins avancés, selon le CNCD. Sur la période allant de 2012 à 2017, seuls 30% des fonds privés étaient destinés aux PMA. "Cela peut fonctionner dans les pays émergents, mais les États fragiles comportent des niveaux élevés de risque et d'imprévisibilité qui posent de sérieux problèmes pour les investissements du secteur privé international", avance encore Arnaud Zacharie.

Le CNCD-11.11.11 exhorte le prochain gouvernement fédéral à "stopper l'hémorragie et redresser la barre". L'arrivée inattendue du Covid-19 - énième épidémie à toucher les pays du sud déjà frappés par celles du sida, de la malaria ou encore du virus Ebola - renforce encore "la nécessité d'adopter un plan de croissance de l'aide belge au développement visant à atteindre à la fin de la législature l'objectif international de 0,7% du RNB", souligne Arnaud Zacharie. "Il ne s'agit pas seulement de répondre aux défis à court terme du Covid-19. La coopération belge doit contribuer à renforcer les systèmes de protection sociale et l'accès aux traitements médicaux dans les pays en développement."