C’est un retour en fanfare. Après dix-huit mois de silence médiatique total, Hendrik Bogaert a redécouvert l’usage de la parole. En l’espace d’une semaine, le député fédéral CD&V a publié sur son blog trois textes remarqués. L’un critique la stratégie de son propre parti. Un autre plaide pour une nouvelle réforme de l’Etat. Le dernier défend une politique d’asile plus stricte. Il n’en fallait pas plus pour que l’auteur soit, vendredi, l’invité de la matinale radio de la VRT. Tout au long du week-end, ses déclarations ont été discutées dans les cercles politiques flamands.

Hendrik Bogaert n’est pas le premier venu. Entré à la Chambre en 2003, il était perçu comme l’une des promesses du CD&V, alors en pleine ébullition confédéraliste. Certains ont vu en lui un futur président de parti. De 2011 à 2014, sous le gouvernement Di Rupo, l’ancien bourgmestre de Jabbeke, le village du peintre Permeke, a été secrétaire d’Etat à la Fonction publique. Le scrutin de mai 2014 a montré qu’il restait une locomotive électorale. Cela s’est avéré insuffisant pour intégrer le gouvernement Michel. L’intéressé en a conçu une vive déception. On l’a dit perdu pour la politique. Il est de retour.

Pas contre la migration

Sur son blog, Bogaert prend son parti à contre-pied en réclamant plus d’autonomie pour la Flandre en matière d’emploi, de fiscalité, de soins de santé… "Je respecte l’accord de gouvernement, qui ne prévoit pas d’avancée institutionnelle avant 2019. Mais ça n’empêche pas d’exprimer son avis", justifie-t-il. Le président des chrétiens-démocrates, Wouter Beke, s’est senti tenu de réagir pour rappeler la ligne du parti : pas de débat communautaire, priorité au socio-économique.

Au-delà du come-back d’un homme, les propos d’Hendrik Bogaert illustrent sans doute un malaise, celui de l’aile droite, pro-flamande, du CD&V, qui ne veut pas laisser le champ libre à la N-VA. "On laisse trop d’espace à De Wever", regrette Bogaert, pour qui le fossé entre les "deux démocraties", flamande et wallonne, n’a jamais été aussi grand.

Le député se distancie aussi de la position "merkelienne", assez ouverte, du CD&V sur la question des réfugiés. "Je ne suis pas contre la migration, mais bien contre la migration quand celle-ci va plus vite que l’intégration, écrit-il. C’est aujourd’hui le cas. Un plafond de fait a été atteint".