La commission Enseignement supérieur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé mardi matin la réforme de la formation initiale des enseignants, l'un des grands chantiers de la législature qui s'achève. Dès 2020, le cursus des instituteurs et maîtres sera ainsi porté de 3 à 4 ans, dont une partie obligatoirement à l'université.

Annoncée depuis plus de dix ans déjà, cette réforme s'inscrit dans la volonté d'améliorer les performances globales de l'enseignement en Communauté française, avec des enseignants mieux formés, mieux préparés aux réalités de leur métier et aussi mieux armés pour lutter contre l'échec scolaire, particulièrement important chez nous.

A cet effet, les profs seront à l'avenir davantage formés à la pédagogie, aux différents méthodes didactiques, à la communication ainsi qu'à la psychologie et à la sociologie.

Concrètement, dès la rentrée académique de septembre 2020, les candidats au métier d'enseignant devront suivre un bachelier (180 crédits), complété par une année de master (60 crédits). La possibilité de suivre une cinquième année de spécialisation leur sera aussi ouverte.

La formation sera organisée en quatre sections selon le niveau d'enseignement auquel les futurs enseignants se destinent (maternel, primaire ou secondaire).

Afin d'assurer une meilleure continuité de la formation des élèves et faciliter la transition -parfois abrupte- entre les niveaux d'enseignement maternel, primaire et secondaire, la réforme se fonde sur une logique de recouvrement des formations.

Ainsi, les profs de maternelle seront en réalité capables de donner cours jusqu'en 2e primaire. Les instituteurs de primaire seront, eux, formés pour la 3e maternelle également, tandis que ceux qui se destinent aux trois premières années du secondaire pourront aussi donner cours dès la 5e primaire.

Autre nouveauté: l'accès aux études d'enseignants sera soumis à la présentation d'une épreuve de maîtrise de français.

L'adjonction d'une année supplémentaire de formation pour les instituteurs et maîtres devrait générer en vitesse de croisière un surcoût organisationnel de 40 millions d'euros par an à partir de 2024.

Formés plus longuement, les futurs instituteurs et régents devraient également mieux gagner leur vie.

Un barème intermédiaire devrait ainsi être créé entre le barème 301 (appliqué aujourd'hui aux enseignants formés en trois ans) et le barème 501 (appliqué aux enseignants disposant d'une licence/master universitaire et qui enseignent dans le secondaire supérieur).

Selon le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt, cette revalorisation salariale engendrera à l'horizon 2060 une dépense "soutenable" supplémentaire de 340 millions d'euros à charge la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui paie les salaires des enseignants.

L'opposition redoute toutefois que cette facture soit bien plus élevée pour la Fédération, dont les ressources sont (fort) limitées.

Mardi en commission, la réforme a été approuvée par la majorité PS-cdH. L'opposition MR a voté contre.

Le texte devrait être soumis à la sanction de la plénière du Parlement d'ici quinze jours.