Cette lettre fait l'objet d'une enquête judiciaire, tout comme d'autres e-mails échangés entre le SPF Affaires étrangères et le Comité P. "Après son arrestation musclée par vos services d'ordre, M. Chovanec a été transféré, gravement blessé, à l'hôpital Marie Curie. La famille de M. Chovanec a déjà introduit une plainte contre X. La République slovaque suit de près l'évolution de ce regrettable incident. Nous serons également attentifs au développement de la procédure", peut-on lire dans la lettre, rédigée sur un document officiel et signée le 26 février 2018. A ce moment-là, Jozef Chovanec se trouvait en état de mort cérébrale. Il décèdera le jour suivant à l'hôpital.

Le lendemain du décès, un employé diplomatique du SPF Affaires étrangères a envoyé un e-mail au Comité P pour demander plus d'explications sur les faits. "Car notre ambassadeur à Vienne a été invité à se présenter demain après-midi au ministère slovaque des Affaires étrangères à Bratislava. Je vous serais donc reconnaissant de m'informer davantage sur cet incident", est-il précisé.

"Nous sommes étonnés d'entendre que maintenant, plus personne n'est au courant. Il ne s'agit pourtant pas d'un simple petit dossier, entre deux pays, au sujet d'une personne à l'orteil cassé. Non, un homme est mort et l'action de la police a été remise en question dès le départ", ponctue Ann Van de Steen, l'avocate de la veuve de Jozef Chovanec.