Vous l'avez peut-être vu, certaines affiches avec l'inscription "Il/elle a voté pour l'euthanasie des enfants" accompagnée d'un pouce vers le bas ont été apposées sur des panneaux électoraux au dessus de celles d'autres candidats. Celles-ci proviennent d'un mouvement protestataire qui s'oppose à la décision prise par le Parlement en faveur de l'euthanasie des mineurs en février dernier.

"Il s'agit d'une démarche spontanée lancée par un petit groupe d'étudiants et de jeunes travailleurs dont je fais partie" nous confie Olivier (26 ans), l'un des instigateurs du mouvement. "Le mouvement est issu principalement de l'ULB, l'UCL et la KUL et compte des membres des trois régions de Belgique. Nous avons réfléchi à différentes question de société et nous avons été fortement interpellé par la question de l'euthanasie des mineurs. Notamment la façon dont elle a été traitée par le politique. Pourquoi? Parce que c'était une question qui n'était dans aucun programme électoral lors des élections précédentes et parce qu'on a l'impression qu'il n'y a pas vraiment eu d'écoute des citoyens et des experts. Je rappelle que 180 experts avaient envoyé une lettre ouverte au politique et à M. Flahaut et il y avait eu plusieurs interpellations d'organisations internationales, notamment lors du Congrès international de soins palliatifs pédiatriques de Mumbai."

Le souhait d'Olivier et des compagnons est donc d'interpeller le monde politique sur ce sujet. "C'est quand même important de rappeler aux citoyens et aux candidats que le vote a de l'importance" continue-t-il. "Nous pensons que c'est une façon non violente d'entrer dans le débat démocratique et d'attirer le politique sur le fait que l'on souhaiterait qu'ils s'occupent des réels problèmes dans notre pays plutôt que de légiférer sur des questions d'éthique pour lesquelles nous ne leur avons rien demandé."

"Un lapin sorti d'un chapeau"

Pourtant, cette décision, bien que controversée, avait été marquée d'une adhésion publique assez grande. Au début du mois d'octobre 2013, il ressortait d'un sondage Dedicated/La Libre/RTBF que 75% des sondés étaient favorables à l'euthanasie des mineurs, même sans le consentement de ces derniers . "Je trouve que pour des questions aussi essentielles, il est important d'avoir un avis du citoyen qui passe par les élections" rétorque Olivier. "Il s'agit ici d'une question de vie ou de mort d'enfant. Il est important que cela passe par un programme pour que l'électeur puis marquer son accord avec cela ou non. Là, ils sortent un lapin de leur chapeau sur des questions éthiques fondamentales pour lesquelles nous ne les avons pas élus."

Si la campagne menée par Olivier bénéficie d'une large visibilité sur internet et les réseaux sociaux, les autocollants qu'ils apposent sur les affiches sont en revanche beaucoup moins visibles. "Si on ne voit pas vraiment nos affiches c'est parce que l'on n'est pas vraiment des professionnels dans le domaine de l'affichage" rigole-t-il "C'est la première campagne que l'on fait comme cela et nous n'avons pas encore les trucs et astuces pour avoir de la bonne colle que les gens ne savent pas décoller. Nous avons déjà collé des centaines et des centaines d'affiches, dimanche matin nous en serons à 2.000, mais le problème c'est que les gens les retirent trop facilement."