Politique belge Des élus réclament plus de démocratie interne. Benoît Lutgen prépare des propositions.

Il ne faut ni exagérer, ni minimiser le sentiment de frustration exprimé par plusieurs mandataires CDH. Ne pas l’exagérer parce que le poste de Benoît Lutgen n’est pas menacé. En revanche, le malaise est réel face aux sondages catastrophiques et, plus fondamentalement, face au sentiment que la structure actuelle du parti ne permet plus de porter le message humaniste.

Contactés par "Le Soir", des centristes (dont Vanessa Matz, Joëlle Milquet, Catherine Fonck, Véronique Waroux) exprimaient vendredi leur volonté de voir leur formation politique s’engager dans une large réflexion interne en vue des élections de 2018 (communales) et 2019 (générales). En substance, ils demandent à leur président, Benoît Lutgen, d’élargir le débat interne au-delà de son cercle très resserré de confidents et de lancer une vraie introspection.

"Ce qui s’est passé le 19 juin (lorsque M. Lutgen a appelé à former des gouvernements régionaux sans le PS, NdlR), je ne l’ai jamais digéré", a déclaré le député wallon Josy Arens dans "Le Soir". "Moi, quand j’ai un engagement, je le respecte, et s’il y a des désaccords, j’en parle au partenaire et on les règle. Et je peux vous assurer qu’il y a assez bien d’élus qui se posent pas mal de questions."

Renforcement de la démocratie interne

Se poser des questions, oui, mais on est loin de la fronde interne comme il le laisse entendre. Il y a effectivement de nombreux mandataires bruxellois qui en veulent au Bastognard pour son coup totalement non préparé du 19 juin, qui s’est soldé par un échec dans leur région, mais aucun ne l’exprime publiquement. Et en Wallonie, où le PS a été mis dans l’opposition, les avis sont plus favorables.

Dans les prochaines semaines, Benoît Lutgen devrait formuler des propositions en vue de renforcer le débat interne et de repenser le projet humaniste. Un congrès programmatique est aussi prévu le 3 décembre en vue des communales.