Le président du CD&V, Joachim Coens, a annoncé mercredi soir lors de l'émission Terzake (Canvas) qu'une discussion plus poussée avec les autres formations de la potentielle coalition Vivaldi (MR, Open VLD, PS, SP.A, Ecolo, Groen et, donc, le CD&V), ou "Avanti" (selon l'expression de Coens), était possible. Ou, en tout cas, pas impossible. En fait, les dirigeants des sept partis concernés par cette formule gouvernementale se sont déjà vus. En cela, l'annonce de Joachim Coens n'apportait rien de réellement neuf.

Toutefois, dans son interview, le chef des démocrates-chrétiens flamands donnaient deux indications importantes.

Premièrement, le CD&V renonce à exiger que le futur gouvernement fédéral dispose d'une majorité dans son aile flamande. Indirectement, cette déclaration fait sauter un verrou. Le CD&V fait comprendre que, pour lui, il est désormais possible de participer à une majorité fédérale sans la N-VA (la présence des nationalistes était requise pour obtenir une majorité dans le groupe néerlandophone à la Chambre).

Peur de "l'arc-en-ciel"

Ensuite, Joachim Coens a insisté sur un breekpunt (point de rupture) démocrate-chrétien dans les discussions : la proposition d'assouplissement de la loi sur l'avortement actuellement sur la table. Il est question, entre autres, d'allonger jusqu'à 18 semaines le délai maximal prévu pour demander l'IVG. Pour le CD&V, cela n'est pas envisageable. L'IVG est clairement un casus belli vis-à-vis des trois familles politiques qui pourraient gouverner à ses côtés.

Les démocrates-chrétiens gardent un souvenir douloureux du gouvernement "arc-en-ciel" (libéraux, socialistes, écologistes, soit les partenaires putatifs de la Vivaldi) mis en place en 1999 et marqué par une vision dite "progressiste" dans les dossiers éthiques. Le CD&V ne veut pas constituer un simple appoint arithmétique aux partis de l'ancien "arc-en-ciel" qui imposeraient leur agenda éthique. Afin de mieux défendre ses valeurs, le CD&V voudrait que le CDH, qui semblait écarté des discussions, soit à nouveau associé. 

Egbert Lachaert, président de l'Open VLD et émissaire royal en charge des discussions fédérales, a bien compris cet enjeu. Il y a quelques jours, il a proposé à l'égard des projets en matière éthique "une formulation susceptible de rassurer le CD&V mais sans savoir si les autres partis allaient accepter", explique un négociateur fédéral.

Une table ronde dès ce jeudi ?

Les prochaines heures devrait être cruciales. Egbert Lachaert doit se rendre chez le Roi vendredi matin. Il tente actuellement de réunir les sept formations de la Vivaldi dans le cadre d'une table ronde qui lancerait le début de véritables négociations gouvernementales.