L’Open VLD ne lâche pas l’os. Avant les vacances, la présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten, en pleine activité de remue-méninges, s’était déclarée en faveur d’emplois très flexibles et moins coûteux Son modèle ? Les “mini-jobs” allemands conçus pour des personnes peu qualifiées et leur permettant de gagner jusqu’à 450 euros par mois. Sa sortie n’avait cependant pas soulevé l’enthousiasme de ses partenaires du gouvernement. Les syndicats s’étaient montrés particulièrement virulents, rappelant que le taux de pauvreté en Allemagne avait fort augmenté depuis lors.

Flexibilité maximale

Ces critiques n’ont cependant pas démonté l’Open VLD. Deux sénateurs, Nele Lijnen et Rik Daems, annoncent le dépôt d’une proposition de loi instaurant ce qu’ils appellent des “flexi-jobs”. L’objectif est d’autoriser des contrats de travail très flexibles dans certains secteurs à haute intensité de main-d’œuvre – ils citent en exemple la construction et le transport . Les employeurs y auraient recours en cas de surcroît de travail.

La différence avec un contrat de travail classique, c’est qu’à la signature, on ne stipulerait pas de temps de travail précis. L’employeur ferait appel au travailleur selon ses besoins. Les heures de travail seraient ensuite communiquées à l’ONSS. Ce système est plus simple que le recours à du travail intérimaire, justifient les deux auteurs de la proposition. Et plus attractif que les heures supplémentaires. Les travailleurs rechignent souvent à faire des heures sup parce qu’ils ne gagnent pas tellement plus.

Il y aurait un encouragement. Les deux sénateurs proposent d’exonérer de tout impôt le salaire du travailleur jusqu’à un montant maximum de 500 euros par mois. L’employeur serait aussi incité à recourir à cette formule. L’Open VLD propose de limiter la charge patronale à 25 % du salaire. Pour 100 euros de salaire par exemple, le patron ne payerait au total que 125 euros.

Tout le monde n’y aurait cependant pas accès. Seuls les pensionnés et les travailleurs déjà engagés à au moins un temps partiel pourraient bénéficier de la formule. En seraient donc exclus les chômeurs. Intentionnellement : les deux auteurs de la proposition se distinguent ainsi du modèle allemand, accusé de mener à la fragilisation d’un public déjà fragile.

La proposition – que les deux sénateurs ont détaillée ce lundi dans “Het Laatste Nieuws” – n’a cependant pas déclenché un tonnerre d’applaudissements. Par la voix de la Fédération des entreprises de Belgique, les patrons ont jugé la piste intéressante. Mais estiment qu’il faudrait l’affiner. La Feb ne voit par exemple pas pourquoi les flexi-jobs seraient limités à certains secteurs et à certains travailleurs.

Les syndicats sont en revanche totalement contre. On veut ainsi défiscaliser le travail des pensionnés, commente Claude Rolin, le secrétaire général de la CSC. Ce n’est pas comme cela qu’on va réduire le taux de chômage. Bien au contraire.

Accueil mitigé

Sur le banc politique, on ne se montre pas non plus particulièrement enthousiaste. Le secrétaire d’Etat CD&V Hendrik Bogaert estime qu’un tel système risquerait d’écorner le pouvoir d’achat des travailleurs. Il rappelle sa proposition récente de réduire drastiquement les charges qui pèsent sur les heures supplémentaires.

Au PS, autre partenaire de l’Open VLD au gouvernement, on se montre aussi sceptique. On rappelle que la fiscalité sur les heures supplémentaires a déjà été réduite. Et puis, on ne voit pas l’intérêt d’une mesure qui ne concerne pas les chômeurs.