Groen et le PVDA, tout deux dans l'opposition en Flandre, ont fustigé dimanche la volonté du gouvernement flamand de réaliser des économies dans le secteur culturel. Les deux partis y voient une attaque contre les artistes critiques. Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), est lui aussi monté au créneau en qualifiant ces coupes dans les subsides d'incompréhensibles. Dans sa note d'explication budgétaire, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) indique que les subsides accordés à différents projets culturels passeront, en 2020, de 8,47 à 3,39 millions d'euros, soit une baisse drastique de 60%.

Les subsides de fonctionnement seront eux aussi rabotés de 6%, un recul toutefois limité à 3% pour les institutions reconnues telles que le Vooruit à Gand ou l'Ancienne Belgique à Bruxelles.

Le secteur et les partis d'opposition n'ont pas caché leur mécontentement après ces annonces. D'après Tom De Meester (PVDA), M. Jambon ne "considère l'art comme pertinent que lorsqu'il est au service d'une Flandre nationaliste", tandis que "les artistes critiques et novateurs doivent rester silencieux".

Le parti d'extrême gauche s'inquiète des conséquences importantes que risquent d'avoir ces économies, prévues dès le 1er janvier. "Les maisons de la culture devront supprimer des productions, licencier ou économiser sur le personnel et les activités publiques. Cela affaiblit délibérément le secteur de la culture et réduit les artistes au silence", ajoute le chef de groupe PVDA au parlement flamand, Jos D'Haese.

Le député flamand Staf Pelckmans (Groen) fustige également le fait que le gouvernement préfère investir dans des "briques silencieuses plutôt que dans des artistes et des journalistes critiques".

La socialiste Katia Segers (sp.a), qui siège au parlement flamand, a pour sa part souligné qu'il y avait une certaine contradiction derrière la décision: la N-VA souhaite renforcer l'identité flamande et voit la culture comme l'un des moyens de le faire. Supprimer des fonds pour ce secteur va dans le sens contraire, estime la parlementaire. Elle voit également une faute d'appréciation dans le raisonnement du ministre Jan Jambon: "Il ne pense qu'au sommet et si on excelle sur le plan international, tout va bien. Mais il ne connait pas la dynamique du terrain. En éliminant des projets, on bloque toute la dynamique du secteur. Il faut continuer à nourrir la base, sans quoi on n'excellera jamais. C'est un désastre pour le secteur".

Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), a quant à lui annoncé sur Twitter qu'il rechercherait "des solutions et des moyens pour préserver une offre culturelle large et innovante en néerlandais et en français" dans sa ville. "La culture enrichit et rend la société plus forte. La culture flamande fait partie de l'ADN de Bruxelles", a-t-il ajouté, déplorant des coupes budgétaires incompréhensibles.