"Nous étions (durant ces deux ans) le point focal de la CPI (la Cour pénale internationale, basée à La Haye) au sein du Conseil, nous avons plaidé avec force et systématiquement en faveur des droits des femmes et la protection des enfants, nous avons été leaders en termes de justice transitionnelle", a résumé la représentation (ambassade) de Belgique auprès de l'ONU à New York sur Twitter.

"Nous avons renforcé l'action conjointe des membres élus du Comité exécutif "E10" (les 10 membres non permanents du Conseil), nous étions le facilitateur du Conseil pour le JCPoA (le Plan d'action global conjoint, ou PAGC en français, sur le programme nucléaire iranien négocié en 2015 mais dont les Etats-Unis se sont retirés trois ans plus tard), nous avons négocié treize conclusions par pays du CSONU sur les enfants et les conflits armés", a ajouté la diplomatie belge à New York.

"Nous avons plaidé pour un accès humanitaire et nous avons été co-plumes (co-rédacteurs en jargon diplomatique) avec l'Allemagne sur l'aide humanitaire à la Syrie", a aussi rappelé la mission belge aux Nations unies, dans une référence à la résolution 2533 adoptée en juillet dernier après sept votes infructueux et qui réactivé l'aide humanitaire transfrontalière en Syrie mais avec une nouvelle réduction imposée par la Russie à des Occidentaux impuissants. Cette résolution de l'Allemagne et de la Belgique permet d'utiliser pendant un an un seul point de passage à la frontière turque, à Bab al-Hawa (nord-ouest), contre deux jusqu'alors. Le texte avait été adopté par 12 voix et trois absentions: de la Russie, de la Chine et de la République dominicaine.

"Depuis notre dernier passage au Conseil de sécurité, en 2007-2008, beaucoup de choses ont changé dans le contexte géopolitique du monde, y compris la manière avec laquelle certains de nos partenaires du P5 (les membres permanents que sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni) projettent leur puissance", a pour sa part souligné l'ambassadeur de Belgique, Philippe Kridelka, dans un récent message diffusé sur les réseaux sociaux.

Selon ses services, le Conseil de sécurité a aussi "abordé les crises humanitaires, y compris celle du Covid-19".

Mais depuis le début de la pandémie, partie de Chine, les 15 membres du Conseil n'ont pas réussi à apporter une réponse opportune et adéquate, ont dénoncé de nombreux responsables.

Il lui a ainsi fallu plus de trois mois pour dépasser des divergences entre les Etats-Unis et la Chine pour adopter le 1er juillet une résolution appelant à davantage de coopération internationale, et à soutenir un appel du secrétaire général à un cessez-le-feu dans les pays en conflit afin de faciliter la lutte contre la maladie.

Le secrétaire général lui-même, Antonio Guterres, a regretté début décembre les cavaliers seuls dans la lutte contre le coronavirus - il a parlé d'une "réponse désordonnée et chaotique avec des pays, des régions et même des villes en concurrence entre eux pour les biens essentiels et les travailleurs de première ligne". Il s'est aussi prononcé en faveur d'une réforme du Conseil de sécurité pour renforcer le multilatéralisme et donner une voix aux pays émergents.

Le Conseil de sécurité, l'organe responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationale, compte 15 membres, dont cinq permanents - les "P5", détenteurs du droit de veto, qui mènent le jeu - et 10 non-permanents, renouvelés chaque année par moitié.

L'Allemagne, la Belgique, l'Afrique du Sud, la République dominicaine et l'Indonésie cèderont leur siège de non permanents le 1er janvier à l'Inde, au Mexique, à la Norvège, à l'Irlande et au Kenya, élus en juin dernier pour la période 2021-2022.