Les ministres libéraux flamands Maggie De Block (Santé publique) et Philippe De Backer (en charge du matériel de lutte contre le coronavirus) ont été une nouvelle fois soumis, mercredi après-midi, à un feu nourri de questions des députés de la commission de la Santé de la Chambre.

La réponse la plus intéressante est probablement venue de Maggie De Block, qui a annoncé que 7,5 millions de doses du futur vaccin AstraZeneca contre le coronavirus étaient réservées pour la Belgique.

Contrat critiqué

La Commission européenne a conclu cet été un contrat avec l’entreprise britannique pour l’achat de 300 millions de doses, avec une option pour 100 millions de doses supplémentaires. La Belgique a confirmé sa participation à ce projet, a fait savoir la ministre Open VLD, quelques jours après que les experts belges ont donné leur feu vert. Pour autant que le vaccin d’AstraZeneca obtienne l’agrément des instances européennes compétentes, les doses seront réparties en fonction de leur population. Pour la Belgique, 7,5 millions de doses sont prévues, à administrer deux fois à 3,75 millions de personnes. "Tout État membre décidant de souscrire sera tenu par les mêmes conditions contractuelles", a précisé Maggie De Block.

La semaine dernière, des questions s’étaient posées au sujet de ce contrat lorsqu’il s’est avéré que l’entreprise avait demandé une exonération de responsabilités. La ministre a précisé que celles-ci seraient réparties entre les parties prenantes. "Le contrat a été négocié sous la clause ‘no gain no loss’(‘ni gain ni perte’). AstraZeneca fournit un vaccin sans réaliser de bénéfices et la responsabilité est répartie entre les parties signataires du contrat." Sur ce point, la ministre n’a pas convaincu tous les députés.

Un montant de 27 millions

Maggie De Block a encore précisé que la Belgique engageait 27 millions d’euros dans ce contrat. Un montant qui ne semble pas correspondre avec le prix provisoire annoncé de 2,9 euros la dose, a relevé la députée CDH Catherine Fonck. Mme De Block n’a pas apporté de réponse à cette remarque, mercredi.

Selon un avis du Conseil supérieur de la santé, quatre millions de Belges sont considérés comme prioritaires pour recevoir un vaccin (personnel de la santé, personnes de plus de 65 ans et patients présentant des facteurs à risque). Même s’il est commercialisé, le vaccin d’AstraZeneca ne suffira pas pour assurer une telle couverture. "Nous sommes aussi candidats pour d’autres projets négociés par la Commission européenne, comme ceux de Johnson&Johnson et CureVac, a indiqué Maggie De Block. "On ne peut pas tout miser sur un seul vaccin."