"Je regrette la cacophonie des experts qui s'expriment tous azimuts dans la presse et parfois de façon très contradictoire. Cela n'arrange pas la compréhension et l'adhésion de la population à ces mesures (sanitaires)", a-t-il commenté mercredi à l'occasion d'une séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

A ses yeux, ce dont le pays a besoin à présent, c'est d'une stratégie à long terme, jusqu'à la fin de l'année, voire le premier semestre 2021, car le virus est appelé à circuler "pendant plusieurs mois" encore, a-t-il souligné.

Interrogé sur les difficultés générées par les mesures sanitaires actuelles, notamment pour le secteur culturel, M. Jeholet a dit plaider pour un assouplissement des normes limitant la présence du public.

Il souhaite ainsi repasser aux règles en vigueur avant le CNS du 27 juillet, soit deux cents personnes pour des lieux clos (contre cent seulement à l'heure actuelle), et quatre cents à ciel ouvert (contre deux cents aujourd'hui).

Le ministre-président a aussi dit avoir plaidé mardi en comité de concertation pour le remplacement, pour les salles de spectacles, des normes de limitation du public.

Plutôt qu'un chiffre absolu (cent, deux cents personnes, ...), M. Jeholet aimerait parvenir à un système de jauge calculé sur base d'un pourcentage de la capacité d'accueil des lieux. "J'ai fait la proposition hier (en comité de concertation), mais c'est difficile pour certains experts", a-t-il confié.

Quasiment au même moment, le président du MR Georges-Louis Bouchez et le virologue Marc Van Ranst (KUL) croisaient le fer dans plusieurs échanges acides sur Twitter.

Le premier n'a pas apprécié que le second se prononce mercredi sur le réseau à l'oiseau bleu contre un élargissement de la "bulle de cinq", sujet qui devrait être évoqué jeudi en CNS. "C'est trop tôt", martelait ainsi le scientifique.

"Peut-être attendre le CNS pour faire des observations et oppositions ? Ou alors on peut faire les réunions sur Twitter peut-être ? ", a lancé le Montois, avant d'ajouter plus loin. "Merci de respecter le travail des politiques également et leur pouvoir de décision. Quand on conseille, on conseille. On ne se substitue pas".

Un recadrage auquel Marc Van Ranst a répondu tout en ironie, écrivant que "tous les virologues étaient rassurés par +la sagesse de politiciens! + (en français dans le texte)".

S'ils sont de plus en plus acerbes, ces échanges d'amabilités entre politiques et experts ne sont pas neufs. En mai et juin dernier, des tensions étaient ainsi déjà apparues entre eux.