On vous l'annonçait hier, le déficit fiscal va grimper à 12 milliards d'euros cette année, pour plusieurs raisons. En tout cas, cela complique la donne au niveau des négociations fédérales et l'opposition s'en donne à cœur joie pour critiquer l'action du gouvernement sortant.

Après la réaction du PS, qui demande un audit des effets du Tax Shift, Ecolo réagit aussi et demande à ce que les choix de la précédente législature soient évalués.

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"Des recettes et des effets retour surévalués, une neutralité budgétaire de papier, un manque de volontarisme dans la lutte contre la fraude fiscale, c’est ce qui a caractérisé les quatre budgets défendus et votés par le Gouvernement Michel entre 2015 et 2018. Celui-ci a refusé de considérer les signaux d’alerte lancés par diverses institutions qu’il s’agisse de la Cour des Comptes, du Comité du Monitoring ou de la Commission européenne, tout autant qu’il a rejeté d’un revers de la main les critiques de l’opposition écologiste. Mais plus personne ne peut aujourd’hui nier la réalité de cette catastrophe budgétaire annoncée", dénonce Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre.

Dans le communiqué envoyé par le parti écologiste, il est rappelé que la Belgique a bénéficié de conditions économiques favorables (tax shift mais aussi les taux bas de la BCE etc.), avant d'ajouter: "Ces opportunités ont été gâchées par les choix posés sous l’impulsion du Ministre des Finances N-VA Johan Van Overtveldt et avec la complicité silencieuse des autres composantes du Gouvernement". On ne peut être plus clair.

"Croire qu’on pourra relever la situation budgétaire de l’État en appliquant les mêmes recettes est un leurre. Il est urgent d’évaluer et de corriger les choix posés au cours des dernières années. Et au-delà d’une politique de dépenses stricte, permettant de réaliser des économies notamment en matière énergétique, il s’agira de veiller à lutter plus efficacement contre la fraude et, de façon générale, à appliquer une fiscalité plus juste, qui ne repose pas uniquement sur les épaules des travailleurs et qui maintient des marges pour l’investissement dans l’économie du futur et dans la cohésion sociale", conclut Georges Gilkinet.