Cet après-midi, la Chambre a été victime d'un problème informatique dû à une cyberattaque, alors que des débats devaient se tenir sur la situation de la minorité ouïghoure en Chine. En raison du nombre important de personnes qui devaient assister aux discussions à distance, par voie informatique, toutes les réunions ont dû être annulées. 

Au vu de la sensibilité des thématiques qui devaient être abordées cet après-midi, les spéculations vont bon train, et certains soupçonnent la Chine d'être à la manœuvre de cette cyberattaque. 

Condamnation prématurée

Pour Samuel Cogolati, député Ecolo particulièrement impliqué dans la dénonciation des violences envers la minorité ouïghoure, il est prématuré de pointer la Chine du doigt: " C'est difficile de se prononcer actuellement. On sait que la Chambre n'est pas la seule à être touchée par cette cyberattaque, d'autres institutions sont visées. Quoi qu'il en soit, des enquêtes sont en cours, et il faut que toute la lumière soit faite sur l'origine de cette cyberattaque". 

Si l'écologiste ne veut pas désigner de coupable prématurément, il insiste sur le caractère délicat que revêtait la séance de cet après-midi: " L'audition de cet après-midi était sensible. C'était la première fois qu'une rescapée ouïghoure devait témoigner devant une assemblée parlementaire de manière publique, à découvert. Elle avait fait le déplacement depuis les Pays-Bas pour venir nous parler aujourd'hui, en présentiel". 

Amère déception  

Pour Samuel Cogolati, qui à l'instar d'autres parlementaires européens, s'est récemment vu sanctionné par la Chine et interdit de séjour, le report des débats a un goût amer: "Le débat démocratique sur l'existence ou non d'un processus génocidaire contre la minorité musulmane ouïghoure doit pouvoir se tenir, peu importe le pays concerné ou qu'il s'agisse d'une grande puissance comme la Chine", martèle-t-il. "La déception est surtout amère pour les personnes concernées et les dizaines de membres de la communauté ouïghoure de Belgique qui se réjouissaient enfin d'un débat public", déplore l'écologiste. 

Selon les premières informations, les débats sur la minorité ouïghoure devraient être reportés au 18 mai.