La commission parlementaire fédérale qui sera chargée de se pencher sur le passé colonial de la Belgique permettra de faire le reste du chemin ouvert par le Roi dans un geste déjà "plus que symbolique", a affirmé mardi matin le ministre wallon des Finances et du Budget Jean-Luc Crucke. "Ne regrettons pas le geste du Roi lourd de sens et plus que symbolique. La commission parlementaire permettra de poursuivre le chemin", a dit le ministre libéral, interrogé par Bel RTL sur la question de savoir s'il n'eut pas fallu demander des excuses. Les chefs de groupe de la Chambre ont donné leur accord de principe, il y a près de deux semaines, à la mise en place d'une commission chargée de travailler sur le passé colonial de la Belgique, dans la foulée de la proposition du président de l'assemblée Patrick Dewael (Open Vld) de mettre sur pied une commission parlementaire "vérité et réconciliation".

Interrogé par ailleurs sur les discussions en cours pour la formation d'une coalition fédérale, Jean-Luc Crucke a jugé que le mérite de l'étude de la piste d'une coalition associant la N-VA, le cdH et le sp.a au gouvernement actuel (MR/CD&V/Open Vld), sans le PS, était de tenter de mettre autour de la table six formations qui "n'ont pas posé d'exclusive". "S'il est possible de mettre ces six partis autour de la table, on aura fait un pas de plus vers la stabilité", a-t-il commenté.

Les regrets exprimés par le Roi: un "fait historique" salué par Ecolo

"Pour la première fois, un Roi régnant affronte et qualifie ce qu'il s'est passé pendant cette période. Pour la première fois également, un lien est fait, par la plus haute autorité de l'Etat, entre ce passé colonial et ses conséquences actuelles en termes de racisme et de discriminations. On voit que les lignes bougent depuis plusieurs semaines et que les prises de conscience sont là. Nous ne serons jamais assez nombreuses et nombreux pour faire évoluer les mentalités et faire reculer le racisme. Il s'agit donc de poursuivre le travail au niveau politique", ont commenté Rajae Maouane et Jean-Marc Nollet dans un communiqué.

Pour Ecolo, c'est "un jour de dignité pour toutes celles et ceux qui croient en l'autodétermination des peuples. Cette date anniversaire doit également marquer un tournant, grâce au travail parlementaire qui va s'ouvrir au niveau fédéral et qui est également en cours à d'autres niveaux de pouvoir".

Aux yeux des écologistes, il s'agit notamment d'établir les faits et de les documenter, afin de pouvoir y apporter des réponses pertinentes; rien ne sert de présenter des excuses ou de poser des gestes uniquement symboliques. "C'est en cela que les mots du Roi Philippe aujourd'hui sont importants : il pose un premier pas dans la bonne direction tout en respectant le travail historique qui doit encore se faire", ont ajouté les coprésidents d'Ecolo.

"Ces dernières semaines marquent un tournant. Il s'agit de bâtir un nouveau contrat social-écologique dont l'un des principes fondamentaux est la lutte contre les discriminations", ont conclu Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane pour qui cela passe par des politiques concrètes, au niveau éducatif et culturel, mais aussi historique pour établir objectivement les liens entre le passé colonial et le racisme structurel qui subsiste encore.