En auditionnant ce vendredi Christie Morreale, ministre régionale de la Santé, la commission spéciale covid-19 du Parlement de Wallonie entre dans le vif du sujet. Enfin! , n'a pas manqué de souligner l'opposition, après les auditions, les semaines précédentes, d'Elio Di Rupo, de Willy Borsus et de Philippe Henry qui se sont souvent résumées en une litanie des mesures prises par l'exécutif pour faire face à la crise. Avec Christie Morreale, c'est évidemment la douloureuse question de la gestion de la pandémie dans les maisons de repos qui est cette fois au coeur des discussions.

"S'il y a eu refus d'hospitalisation de résidents de maison de repos, il est important qu'il y ait une enquête", a affirmé la ministre régionale de la Santé, Christie Morreale, au cours de son audition, vendredi, en commission spéciale covid du Parlement de Wallonie. La ministre y a très longuement répondu aux questions des parlementaires régionaux, rappelant la chronologie des décisions, en matière notamment de suivis de contacts - "80% des gens sont aujourd'hui contactés dans les 48 heures. Ce n'est pas parfait mais c'est en amélioration constante", a-t-elle estimé à ce propos.

Quant à la capacité de tests, elle a longtemps été fortement limitée en raison d'une pénurie de matériel. Ensuite, "nous avons dû faire des choix et sur recommandation des spécialistes, nous avons d'abord testé le personnel des foyers épidémiques", même si "nous plaidions pour des tests préventifs", a rappelé Christie Morreale.

La question du refus d'hospitalisation des résidents de maisons de repos a également été abordée. Selon un rapport de Médecins sans Frontières, 6.000 d'entre eux sont décédés, dont 4.800 au sein de leur institution, en raison parfois d'un refus d'hospitalisation.

"Les travaux de votre commission doivent permettre de creuser cette question", a admis la ministre. "Mais il faut recontextualiser. Dans les cas graves, le choix des patients et de leur famille doit être respecté. C'est aussi la responsabilité du médecin traitant de définir si quelqu'un doit être hospitalisé ou pas. Et dans certaines situations, la dégradation était tellement rapide qu'une hospitalisation n'était tout simplement pas envisageable. Ceci dit, si une hospitalisation était demandée et qu'elle a été refusée, il faut qu'il y ait une enquête pour comprendre pourquoi c'est arrivé", a ajouté Christie Morreale en assurant que "le comité bioéthique a été chargé de recueillir toutes les informations nécessaires pour faire la lumière sur ce sujet".

La saga des masques a elle aussi animé les débats. "L'Aviq s'est toujours basée sur les recommandations de Sciensano", a expliqué la ministre. En février, ainsi, les masques étaient jugés "non-nécessaires" pour les personnes sans symptôme, d'autant "qu'ils n'offrent pas de protection contre les virus". Quelques semaines plus tard, les masques lavables ne servent qu'à "réduire la panique de la population", dit-on. A la même époque, il est même recommandé d'interdire l'usage des masques pour le personnel des maisons de repos n'entrant pas en contact avec les résidents contaminés.

"Le discours a commencé à changer à partir d'avril", a encore souligné Christie Morreale en affirmant qu'à l'heure actuelle, la Wallonie dispose de sa propre réserve stratégique de masques.

"Tout au long de cette crise, nous avons été confrontés à des questions sur la répartition des compétences entre le Fédéral et les Régions, avec beaucoup de zones floues qui n'ont pas aidé", a enfin pointé la ministre. "Il faudrait définir un nouveau protocole adapté à la dernière réforme de l'Etat", a-t-elle conclu.

Vendredi prochain, la commission spéciale débutera par l'audition de plusieurs ministres régionaux, dont Jean-Luc Crucke et Pierre-Yves Dermagne, initialement prévue ce vendredi. Elle se poursuivra l'après-midi avec, entre autres, la présidente du GEES Erika Vlieghe et le porte-parole interfédéral de la lutte contre le covid, Yves Van Laethem.