Membre du Christlich Soziale Partei, Pascal Arimont siège dans l’opposition au Parlement germanophone. Il est aussi eurodéputé au sein du groupe du Parti populaire européen. Il livre son éclairage sur le Ceta et pointe les ratés belgo-belge.

Le Premier ministre Charles Michel a annoncé hier, à l'issue du comité de concertation, que le Parlement germanophone donnait son aval à la signature du CETA par la Belgique. Qu’en est-il exactement?

J’ai moi-même contacté (le numéro deux du gouvernement wallon) Maxime Prévot (CDH) ce matin et il m’a confirmé qu’Isabelle Weykmans, représentante de la communauté germanophone à cette réunion avait répondu purement et simplement "oui" quand la question lui a été posée. Mais il faut noter qu’Oliver Paasch, ministre-Président de la communauté germanophone, s’est exprimé sur un autre ton dans la presse allemande aujourd’hui en disant qu’il n’a toujours pas signé et que son accord est soumis à l’accord wallon.

Comment interprétez-vous cela ?

A mon avis, si Paul Magnette n’avait pas refusé, la communauté germanophone aurait signé depuis longtemps. On veut se montrer gentil à Bruxelles et rouler des mécaniques une fois rentré à Eupen…

Claude Rolin (CDH) et vous-même êtes les deux seuls eurodéputés du Parti populaire européen (PPE, droite et centre-droit) à avoir rejoint la fronde wallonne. Comment avez-vous été accueillis à la plénière strasbourgeoise après les péripéties du week end ?

Notre différence ne date pas de cette semaine. Il y a deux ans nous avons écrit une lettre à Manfred Weber, le président de notre groupe (PPE), afin de lui exprimer nos réticences par rapport au Ceta. Il nous a simplement répondu que notre avis était minoritaire. Cela, soi dit en passant, n’a pas eu de répercussion sur notre vie de mandataire. Cette semaine, la pression est forte et il souhaite avoir l’avis de la délégation belge PPE dans son ensemble sur la situation. Nous le rencontrons ce mardi soir. On aura, d’un côté, les Flamands Ivo Belet et Tom Vandenkendelaer (CD&V) et, de l’autre côté, le wallon Claude Rolin et le germanophone c’est-à-dire moi.

Le CETA est-il enterré ?

Je ne crois pas mais il faudra du temps pour aboutir.

A quel niveau s’est noué le problème ?

A mon sens, c’est la concertation intra-belge qui n’a pas assez fonctionné. Il fallait négocier au sein des comités de concertation. C’est là où les problèmes se discutent, c’est là où la Belgique "tient ensemble".