Le ministère de la Défense s'en est plutôt bien tiré du conclave budgétaire du début du mois, ne perdant qu'une petite douzaine de millions d'euros dans cet exercice d'ajustement, sur un budget total qui reste de 2,72 milliards d'euros, a-t-on appris mardi auprès de ce département. Le gouvernement a décidé que les recettes moindres que prévu générées en 2012 par la vente de de domaines militaires devenus excédentaires - soit 11,7 millions d'euros - devront être compensées en interne par une économie unique dans les dépenses, a indiqué un porte-parole, confirmant des propos tenus la semaine dernière par le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), en commission de la Chambre.

La liste des domaines à alénier comprend désormais 47 propriétés pour une valeur de vente estimée au départ à 15,9 millions, mais qui ne rapportera que 9,1 millions d'euros à la Défense après application d'une pondération des risques de non-réalisation et en tenant compte de moins-values.

Il s'agit de parties du quartier De Cubber à Bierset (Liège), de l'ancien dépôt de munitions de Wulpen (Flandre occidentale), d'une partie du quartier Oosteroever à Ostende, du bâtiment des services de radio-communication à Ostende, d'une partie de la piste de l'ancien aérodrome de Brustem (Saint-Trond), d'une partie des installations des services de la radio maritime à Wingene (Flandre occidentale) et d'une partie du terrain Vloethemveld à Zedelgem (Flandre occidentale).

La Défense a également bénéficié dans l'ajustement du budget fédéral 2012 du retard pris par le programme d'acquisition de huit nouveaux hélicoptères NH90, dont trois exemplaires seulement seront en principe livrés cette année, ce qui permet un report de certains paiements - qui s'effectuent à la livraison - à l'an prochain.

Le schéma actuel prévoit la livraison de trois NH90 cette année et cinq en 2013. Le gouvernement Verhofstadt II a décidé en mai 2007 d'acquérir huit NH90 - quatre en version navale (NFH) et quatre en version de transport tactique (TTH) pour près de 300 millions d'euros. Ils remplaceront les vénérables Sea King et Alouette III et fourniront aussi une nouvelle capacité de transport aéromobile aux unités terrestres.

Selon la Défense, les ventes de matériel excédentaire devraient rapporter cette année 31,7 millions d'euros, dont 28,5 millions provenant de contrats de vente antérieurs (chasseurs F-16 à la Jordanie, frégates et chasseur de mines à la Bulgarie).

Plus globalement, M. De Crem s'est réjoui de l'impact "particulièrement limité" du conclave budgétaire - qui s'est conclu le 11 mars par un ajustement budgétaire d'1,8 milliard d'euros et une provision de 650 millions - sur son propre budget.

Le ministre a expliqué qu'il n'avait proposé à ses collègues du gouvernement "aucune piste de nouvelle économie ou coupure pour son département", estimant avoir déjà contribué dans le passé "substantiellement" aux efforts de réduction des dépenses publiques.

Son département s'est ainsi vu octroyer 280,1 millions de crédits d'engagement supplémentaires, dont 23 millions pour le personel, 15 millions pour la reconstitution des stocks entamés par des opérations à l'étranger - en particulier de bombes comme celles utilisées l'an dernier lors de l'intervention de l'Otan en Libye - et 242 millions pour couvrir le plan d'investissements en matériel que le ministre s'est engagé à présenter "très bientôt" au gouvernement.

Le ministère a entrepris d'examiner comment réaliser les 11,7 millions d'économies imposées par le gouvernement.