Le niveau de l'ensemble des rémunérations allouées aux quatre membres du comité de direction de la Société Régionale d'Investissement de Bruxelles, qui frôlent 1,3 million d'euros, est excessif. Le départ à la pension de certains d'entre eux est l'opportunité la moins coûteuse de modifier cela. Il permettra au gouvernement bruxellois d'enjoindre le Conseil d'administration à fixer des rémunérations plus en adéquation avec la taille de l'entreprise, a affirmé jeudi le ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi, Didier Gosuin (Défi).

Le ministre était interpellé par de nombreux députés bruxellois en commission des Affaires économiques sur l'étude du fonctionnement de la SRIB réalisée par Ernst and Young, sur le niveau la rémunération jugé élevé de sa direction à quatre têtes, sur la sortie d'Hello Agency et celle d'Arexius.

Dans sa longue réponse, Didier Gosuin a notamment retracé l'historique des rémunérations des dirigeants de la SRIB. Le niveau de celles-ci a été établi en 1990 au lendemain de la naissance de la Région, par le Conseil d'administration qui à décider de les calquer sur celles de la défunte Société Nationale d'Investissement mais en les divisant par deux en raison de la taille des deux sociétés. En 2007, lors du renouvellement du Conseil d'Administration, la commission des rémunérations et les commissaires du gouvernement ont vérifié et validé les rémunérations des dirigeants de la SRIB.

Selon le ministre, le CA de la SRIB a décidé le 20 février dernier d'appliquer anticipativement les directives du gouvernement bruxellois visant à réduire sensiblement les rémunérations des mandats au Conseil d'administration et au comité de direction.

Par ailleurs, Didier Gosuin a insisté sur le fait que l'étude du fonctionnement de la SRIB réalisée par Ernst & Young a été commandée bien avant les remous médiatiques du dossier Publifin par le gouvernement bruxellois conformément à son engagement de début de législature à rationaliser les instruments économiques de la Région-capitale.

Les recommandations et l'analyse qui contient des pistes pour la gouvernance future de l'opérateur bruxellois d'investissement seront présentées au parlement dans les prochaines semaines, a-t-il laissé entendre.

Auparavant, Isabelle Durant (Ecolo) avait précisément réclamé, tout comme Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) l'accès à l'étude Ernst and Young sur foi de laquelle le gouvernement bruxellois a annoncé jeudi une série de mesures visant notamment à réduire la voilure de la direction en nombre de personnes et en rémunération. Elle a souligné, comme d'autres la disproportion entre le niveau de celle-ci, le tiers de la masse salariale, la taille de la SRIB (42 travailleurs) et son budget de 10 à 15 millions.

Rejointe sur ce point par Johan Van den Driessche (N-VA), elle a demandé que l'on sollicite un audit de la Cour des Comptes, démarche qui revient au parlement, et non au gouvernement, lui a rappelé Didier Gosuin.

Emmanuel De Bock (Défi) a estimé qu'il serait adéquat de veiller à ce que le coût de la rémunération de la direction ne dépasse proportionnellement pas celui des soeurs wallonne et flamande de la SRIB.

Philippe Close (PS) et Bernard Clerfayt (Défi) ont souligné que le nombre de personnes sans doute trop élevé du comité de direction constituait un héritage des années '90 et des dispositifs de protection de la minorité linguistique flamande à Bruxelles.

Quant au niveau des rémunérations, le député bourgmestre de Schaerbeek a estimé qu'il n'appartenait pas au gouvernement de trancher, mais au parlement, qui avance actuellement sur toutes ces questions en groupe de travail avec la volonté d'aboutir à des mesures non limitées à une société publique telle que la SRIB mais à l'ensemble des outils (para-)régionaux. Il a rappelé que la SRIB gérait un stock de participations à risque de quelque 130 millions d'euros.