Le Comité de concertation s'est réuni en urgence ce mercredi 24 mars. En cause: la situation épidémiologique qui continue de se dégrader en Belgique. Si un Codeco avait déjà eu lieu de façon anticipée vendredi passé, les discussions n'avaient abouti qu'à un léger tour de vis et à un report du déconfinement d'avril. Mais l'évolution négative des chiffres a poussé les autorités à aller bien plus loin cette fois-ci. Un lockdown strict va être mis en place dès ce vendredi. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), a détaillé l'ensemble des mesures adoptées par le Codeco lors d'une conférence de presse qui a débuté à 13h20.

"Le Codeco s'est réuni plus tôt que prévu à la suite de l'évolution de ces derniers jours que nous connaissons tous: augmentation du nombre de contaminations et d'hospitalisations", a commencé M. De Croo. "Le variant britannique est devenu le variant dominant: la circulation du virus est la plus haute depuis ces quatre derniers mois. On ne sait pas dans les services de soins intensifs jusque quand on va tenir bon." La situation que nous connaissons s'observe également dans les pays voisins. Certains rencontrent par ailleurs de plus grandes difficultés que les nôtres. L'évolution que nous connaissons actuellement n'est pas exponentielle, selon le Premier ministre. Mais elle n'en est pas moins inquiétante.



"C'est pourquoi nous avons dû prendre des décisions très difficiles", a ajouté le Premier ministre. "(...) Le Comité de concertation a décidé d'opter pour une douleur de courte durée: quatre semaines de mise sous cloche. Une pause pascale qui devrait permettre d'inverser la tendance, comme nous l'avions fait pendant les vacances d'automne."

"637 personnes sont en soins intensifs à ce jour, c'est 36 de plus qu'hier. C'est énorme. Il était donc indispensable de prévoir cette période d'efforts intenses", a tenu à ajouter le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. "(...) Pour ce qui est de la vaccination, après des moments difficiles, la Belgique se trouve désormais en tête de peloton." Le socialiste flamand a tenu également à souligner l'avance qu'avait prise la Wallonie. "S'il y avait un championnat belge, ce serait Christie Morreale qui l'emporterait", a-t-il lancé sur le ton de l'humour.

Voici les mesures qui entreront en vigueur chez nous :

  • Il n'y aura plus d'enseignement en présentiel à partir de lundi (primaire, secondaire et supérieur). Seules les écoles maternelles resteront ouvertes. L'objectif est de rouvrir les autres écoles à partir du 19 avril.
  • Les camps de jeunes et activités parascolaires restent autorisées (y compris les stages prévus à Pâques) et ce en petits groupes de 10 jeunes maximum, sans nuitée. De plus, ils doivent se dérouler à l'extérieur pour les jeunes entre 12 et 18 ans.
  • Les commerces non-essentiels restent ouverts mais il ne sera possible de s'y rendre que sur rendez-vous (de préférence seul ou avec une seule personne si c'est une personne qui vit sous le même toit)
  • Les métiers de contact (salons de beauté, salons de pédicure non médicale, salons de manucure, salons de massage, coiffeurs et barbiers, salons de tatouage et de piercing) doivent à nouveau fermer leurs portes
  • La bulle extérieure passe de 10 à 4 personnes (mais les enfants ne comptent pas à l'extérieur)
  • La bulle de contact à l'intérieur reste à 1 (que ce soit un enfant ou un adulte)
  • Les voyages non-essentiels restent interdits (les contrôles aux frontières seront renforcés pendant les vacances de Pâques)
  • Le couvre-feu reste le même
  • Le télétravail reste obligatoire, des contrôles seront renforcés et les sanctions seront plus sévères

"Je suis bien conscient que ce sont des mesures qui sont compliquées, surtout pour ceux qui doivent à nouveau mettre à l'arrêt leurs activités", a reconnu M. De Croo. Le Premier ministre a toutefois tenu à rester positif: "Nous avons réussi à éviter cette troisième vague pendant 17 semaines. Nous sommes aujourd'hui face à cette troisième vague et nous allons la surmonter comme nous l'avons fait dans le passé. La situation n'est pas la même que celle d'octobre: il y a la vaccination", a expliqué M. De Croo. "Il faudrait que d'ici fin mai les personnes de plus de 65 ans et présentant des comorbidités soient vaccinées: cela aura un impact au niveau des chiffres hospitaliers."

Enfin, le libéral flamand a estimé que ces derniers jours tous les Belges, que ce soit les politiques, les experts ou autres, avaient reçu une leçon de modestie. "Il est de notre nature que de faire des plans, mais il est dans la nature du virus de venir contrecarrer ces plans", a conclu le Premier ministre. "Mais l'objectif reste le même: passer un été serein. Dans les semaines à venir, tout dépendra de nos comportements et de la vaccination."

 

 

 

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