"Nous sommes au niveau des discussions budgétaires, cela en est encore au stade du gouvernement. Je vous demande juste un peu de patience, quelques semaines pour que nous puissions avoir ce débat", a-t-elle affirmé lors de sa première séance de questions orales en commission de la défense nationale de la Chambre depuis son entrée en fonction le 1er octobre.

"C'est une histoire de deux, trois semaines, je vous promets ce débat", a ajouté Mme Dedonder (PS) en réponse à des questions des députés N-VA Théo Francken et Peter Buysrogge (le président de la commission) et Annick Ponthier (VB) sur les moyens dont devrait disposer la Défense durant la législature.

"Il est trop tôt pour dire que notre département devra oui ou non participer aux efforts budgétaires" annoncés par la secrétaire d'État au Budget, Eva De Bleeker (Open Vld), a encore dit la ministre pour ce baptême du feu.

Elle a admis que le montant (d'un milliard d'euros) prévu dans l'accord de gouvernement de la coalition Vivaldi (Open Vld, MR, PS, sp.a, Ecolo-Groen et CD&V) pour l"optimisation de la politique de sécurité globale" était "en principe réservé" à la police fédérale et la justice.

Le gouvernement De Croo doit soumettre son programme budgétaire à la Commission européenne pour le 30 octobre.

M. Francken, qui s'est une nouvelle fois montré très atlantiste et défenseur de la politique d'achats militaires menée sous le gouvernement Michel 1er - quand la N-VA était au pouvoir au niveau fédéral -, avait interrogé Mme Dedonder sur un tableau budgétaire sommaire (de 39 lignes) reçu par les parlementaires lors du débat d'investiture du nouveau gouvernement fédéral. Il a cité un montant de 64 millions d'euros supplémentaires pour la Défense en 2021, et de 200 millions en 2022, 2023 et 2024, soit un total de 664 millions d'euros, en rappelant que l'ancien chef de la Défense, le général Marc Compernol, réclamait un effort de 2,4 milliards sur la durée de la législature.

"Si nous passons à 1,3% (du Produit intérieur brut consacré aux dépenses de défense), comme indiqué dans la Vision stratégique, nous avons besoin de 6,6 milliards par an structurellement et vous avez 0 euros pour les quatre prochaines années jusqu'à présent. "Bonne chance (en français). Ce ne sera pas facile. Je vous souhaite bonne chance", a lancé l'élu nationaliste à l'adresse de la nouvelle ministre.

Mme Dedonder a souligné que le gouvernement heptapartite Vivaldi s'était engagé à poursuivre, tout en l'"actualisant", la mise en œuvre de la "Vision stratégique" pour la Défense datant de 2016 et de la Loi de programmation militaire (LPM) qui en découle et balise les importants investissements en matériels prévus pour l'armée.

Elle a rappelé que l'objectif du gouvernement était de réaligner d'ici 2030 l'effort de défense belge sur celui avec les alliés européens non nucléaires de l'Otan.

"Si je suis là et si mon parti a choisi ce département, c'est avec de l'ambition. On n'est pas là pour faire de la figuration. On n'est pas là pour détricoter la Défense. On est là pour l'épauler", a lancé la ministre.

La branche militaire du Syndicat libre de la Fonction publique (SLFP) pour sa part dénoncé tout projet d'économies touchant le personnel et le fonctionnement de la Défense.

"Depuis 20 ans, le département (de la) Défense a souvent été la variable d'ajustement du budget du pays. Aucune avancée en matière salariale ou initiative pour améliorer l'attractivité n'ont vu le jour depuis 2003. C'est systématique et inacceptable", a affirmé le président du SLFP-Défense, Boris Morenville. "La Défense ne supportera pas de nouvelles coupes budgétaires, certainement pas au niveau du personnel", a-t-il ajouté.