La ministre de l'Enfance Bénédicte Linard (Ecolo) et l'Office national de l'enfance (ONE) ont défendu mercredi la réforme des milieux d'accueil de la petite enfance. 

Celle-ci doit conduire à davantage d'accessibilité, de qualité et de professionnalisation des milieux d'accueil, avec un objectif de "non-marchandisation", a fait valoir Mme Linard, interrogée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Face à la menace d'un recours au Conseil d'Etat, l'ONE a de son côté publié un communiqué afin de rassurer les professionnels inquiets pour leur avenir. Mardi, la nouvelle Fédération des milieux d'accueil de la petite enfance (Femape) a annoncé, avec le soutien du Syndicat neutre pour indépendants (SNI), son intention de déposer un recours au Conseil d'Etat pour "bloquer" la réforme en cause.

Or, cette réforme votée sous l'ancienne législature est "indispensable", a assuré Bénédicte Linard, interrogée en séance plénière par les députées Delphine Chabbert (PS) et Véronique Durenne (MR). L'ONE, sous la tutelle de la ministre, a mené depuis septembre 22 séances d'information sur le terrain. Des rencontres ont également eu lieu à l'initiative des différentes fédérations des milieux d'accueil.

L'ONE rappelle que la réforme n'aura pas pour effet de réduire le nombre de places d'accueil, au contraire. Alors que la Femape dénonce l'interdiction pour les nouvelles crèches non subventionnées d'être gérées par des indépendants, l'organisme indique que 40% de ces crèches sont actuellement gérées par une ASBL, une société coopérative à finalité sociale ou un pouvoir public. "Pour les maisons d'enfants actuellement gérées par des personnes individuelles sous statut d'indépendant, la réforme prévoit qu'elles peuvent rester en activité sans changer de statut pendant la période transitoire (fin 2025) et même au-delà dans le cadre d'une dérogation", précise-t-il.

Les exigences en termes de formation sont essentielles mais ici aussi des mesures transitoires sont mises en place, veut également rassurer l'ONE, qui dément par ailleurs les accusations de la Femape selon lesquelles il se taillerait une réforme "sur mesure". L'ONE ne gère pas lui-même de milieu d'accueil et n'a donc pas d'intérêt "concurrentiel", relève-t-il.

Enfin, des courriers explicatifs vont prochainement être envoyés à chaque milieu d'accueil tandis que des points de contact ont été ouverts pour les professionnels (pro@one.be - 02/542.14.45) et pour les parents (premierspas@one.be - 02/432.88.55).