Mammouth écrase les scores. Les nationalistes flamands de la N-VA, auteurs d’un carton lors des élections du 13 juin dernier (28,0 %), aux manettes de la négociation communautaire depuis lors - en tandem avec le Parti socialiste - sortent gonflés à bloc de ces 86 jours d’incertitude politique.

La N-VA est ainsi créditée de 32,3 % (+4,3%) d’intentions de vote en septembre 2010 ! Mais où donc les nationalistes flamands vont-ils puiser ces nouveaux électeurs potentiels ? 5 % de ceux-ci viennent du Vlaams Belang, 3 % viennent des socialistes flamands du SP.A, 2 % sont des transfuges du CD&V, 2 % de la Lijst Dedecker et 2 % n’étaient pas allés voter lors du scrutin de juin dernier. Quoi qu’il en soit, si des élections anticipées devaient avoir lieu, le parti de Bart De Wever verrait sa tactique de négociation intransigeante sur les dossiers communautaires électoralement couronnée de succès.

Derrière les nationalistes flamands de la N-VA, c’est la bérézina. Les démocrates-chrétiens du CD&V, emmenés par le président ad interim Wouter Beke, qui ont connu une débâcle historique en juin dernier (17,6 % alors qu’il venait de 29,6 % en 2007) creuse encore le trou dans lequel ils sont coincés. Ainsi sont-ils crédités de 16,6 % d’intentions de vote - soit moins de la moitié des électeurs potentiels de la N-VA A noter : 7 % des personnes qui déclarent avoir l’intention de voter pour le CD&V viennent de l’Open VLD

Les libéraux flamands de l’Open VLD, cornaqués par Alexander De Croo, reprennent leur ticket de troisième parti de Flandre. Ils sont crédités de 13,7 % d’intentions, le chiffre exact de leur score en juin dernier. D’importants transferts de voix sont constatés. Ainsi 5 % des électeurs potentiels viennent-ils du CD&V tandis que 5 % viennent du SP.A, 2 % viennent de Goren ! et 1 % de la Lijst Dedecker. Rappel, l’Open VLD n’a pas pris part au round de négociations communautaires entamés dans la foulée des dernières élections législatives...

Le SP.A de Caroline Gennez, qui a participé aux négociations, se retrouve durement sanctionné. Les socialistes flamands perdent 3,2 % par rapport à leur score de juin dernier et plafonnent à 12,1 %. Rayon transfuges, 5 % de leurs électeurs potentiels viennent des rangs du Vlaams Belang et 3 % viennent de la N-VA.

Le Vlaams Belang perd 1,2 % (11,4 %) et son électorat lui reste relativement fidèle (1 % vient de la N-VA et 2 % sont des personnes qui n’étaient pas allées voter en juin dernier). Enfin, les verts flamands de Groen ! font un saut de puce d’1 %. Avec leur président Wouter Van Besien, ils ont participé aux négociations communautaires - essentiellement parce que leur alter-ego francophone d’Ecolo leur a forcé l’entrée de la négociation. Ils vont pêcher des électeurs potentiels à la Lijst Dedecker (8 %), au SP.A (6 %) et à la N-VA (2 %).