Le prochain vote sur la candidature de Zakia Khattabi à un poste de juge de la Cour constitutionnelle risque bien d'être aussi incertain que le premier, qui avait vu l'ex-coprésidente d'Ecolo recalée par les sénateurs. 

Dans les rangs N-VA et Vlaams Belang, on promet en tout cas de tout faire pour faire échouer la tentative d'Ecolo de re-présenter la Bruxelloise comme candidate. Karl Vanlouwe, chef de groupe N-VA au Sénat, s'est ainsi lancé dès mercredi dans une nouvelle campagne visant directement les Verts et leur candidate. Via une image qu'il a postée sur les réseaux sociaux, il s'interroge sur un possible "diktat vert", affichant ensuite une citation de Jean-Marc Nollet, issue d'un entretien publié par le Standaard mardi: si Khattabi n'est pas nommée, "cela mettrait en danger l'Etat de droit", y estimait le coprésident d'Ecolo.

Dans un commentaire associé à cette image, Karl Vanlouwe promet de ne "pas plier" face au "diktat", et estime justement que le rejet de la candidature de la dépuée était "un sommet de démocratie".

Le sénateur Vlaams Belang Guy D'haeseleer parle d'"arrogance" dans le chef des Verts. Tandis qu'Els Ampe (Open Vld) a annoncé qu'elle votera une nouvelle fois contre la nomination de Khattabi, vendredi de la semaine prochaine.

En janvier, l'écologiste avait vu sa candidature rejetée de justesse par les sénateurs, à bulletin secret. La députée Ecolo n'avait recueilli que 38 voix positives alors qu'il lui en fallait 40 (majorité des deux tiers). Cela veut dire que plusieurs autres sénateurs, en plus de ceux de la N-VA et du Vlaams Belang, se sont opposés à sa nomination, mais le vote à bulletin secret ne permettait pas de savoir lesquels précisément.

Ecolo a ensuite décidé de re-présenter son ancienne coprésidente comme candidate, avec une autre députée, Cécile Thibaut, comme "challenger". En janvier dernier, les écologistes avaient regretté une "instrumentalisation" du vote, notamment dans le chef de la N-VA qui avait précédemment déjà mené une campagne sur les réseaux sociaux contre Zakia Khattabi. Cette campagne se fondait sur des éléments contredits par les rapports de police, à savoir que Mme Khattabi se serait opposée physiquement, à bord d'un avion en 2013, à l'expulsion d'un ressortissant étranger.

Jean-Marc Nollet aimerait que Zakia Khattabi puisse être entendue au Sénat avant le nouveau vote. Reste à savoir si cela sera possible dans l'agenda. La seule date possible est le 16, lundi, jour où le bureau se réunit justement pour fixer l'agenda.

Des 12 juges de la Cour constitutionnelle, six sont juristes de formation, six autres doivent être d'anciens parlementaires qui ont au moins siégé dans une assemblée pendant cinq ans.