Trois ministres N-VA, dont le vice-Premier ministre Jan Jambon, ont prêté serment au Palais royal ce matin en faisant de leurs doigts le "V" du slogan de leur parti (Verandering voor Vooruitgang, le Changement pour le progrès) [tous les détails ici]. Jan Jambon a par ailleurs été le seul vice-Premier à jurer fidélité au Roi et à Constitution et aux lois du peuple belge dans une seule langue (le néerlandais, mais fallait-il le préciser…). Alors, déjà une déclaration de guerre communautaire de la N-VA ? 

En effet, le nouveau Premier ministre Charles Michel et son entourage n'avaient pas été mis au courant de cette petite liberté que les nationalistes flamands avaient choisi de prendre. Mais pas de guerre, non. Il s'agit plutôt d'un petit geste symbolique, qui n'est pas anticonstitutionnel, et qui sauve un peu l'image de la N-VA. Pour rappel, les nationalistes flamands sont confédéralistes, anti-monarchistes, etc. Or, les voilà nommés dans le gouvernement fédéral d'un système de monarchie constitutionnelle. Avec, en prime, quelques compétences à gérer qui peuvent sembler "belgicaines", telle que la Défense par exemple. Le congrès de participation de la N-VA avait largement approuvé jeudi soir la montée du parti dans la coalition "suédoise", c'est vrai. Mais il n'empêche que la N-VA va devoir faire marcher les rouages de l'Etat fédéral pour prouver qu'elle est un parti de bonne gestion. 

Et tout cela sans nouvelle réforme de l'Etat. Et peut-être même sans nouvelle réforme de l'Etat après les prochaines élections en 2019, comme Bart De Wever l'a laissé entendre récemment (pour peu que les socialistes restent dans l'opposition, avait-il ajouté). Bref, il fallait que la N-VA rappelle d'une manière ou d'une autre qu'elle reste fidèle à ses convictions politiques de base. C'est l'explication de ce petit "V" lors de la prestation de serment.