Rarement les unes de la presse flamande ont été aussi éditorialisantes et critiques envers le gouvernement flamand. Le Ministre-président flamand en prend particulièrement pour son grade. Les journaux du nord du pays reprochent à Jan Jambon (N-VA) d’acter des mesures strictes contre la propagation du coronavirus, mais d’attendre vendredi soir avant de les rendre effectives, soit 4 jours après les avoir annoncées.

Les éditorialistes regrettent que la Flandre n’ait pas emboîté le pas à la Wallonie et de Bruxelles pour sévir dans les domaines sportifs et culturels plus vite d’autant que les statistiques et cris d’alarmes des hôpitaux n’annoncent rien de bon. Dimanche dernier, Jan Jambon ne voyait pas de raison "d'arroser la maison maintenant alors qu’elle pourrait ne prendre feu que la semaine dernière". Une sortie particulièrement mal perçue par les observateurs et scientifiques flamands. Roel Wauters du Morgen regrette ainsi que "le gouvernement régional ait manqué une à une les occasions d’agir et d’alerter les citoyens sur la gravité de la situation". Le journaliste ajoute que même l’effondrement de certaines digues, comme la saturation du tracing en Flandre, n’ait pas éveillé davantage d’attention alors que l’effet exponentiel du virus n’est plus à démontrer.

Dans les hôpitaux flamands aussi l’on observe une pénurie de soignants, de lits et de machines. Plus de doute pour la presse flamande, la maison brûle et l’on ne commencera à arroser que vendredi après 18h. Par conséquent, des critiques sont émises à l'égard de l’autonomie de gestion tant revendiquée par la Flandre. Celle-ci n’envisage par exemple pas d'allonger le couvre-feu comme le font les deux autres Régions. Les quotidiens Gazet van Antwerpen, De Tijd, Het Nieuwsblad et De Standaard ne sont pas plus tendres dans leurs critiques.

Het Belang van Limburg regrette que la politisation de cette crise sanitaire, où la Flandre se distancie des mesures imposées par des régions dirigées par des socialistes, soit à l’origine de cet attentisme et de la cacophonie ambiante.

Rarement aussi, la presse flamande n’a autant revendiqué une gestion unique et cohérente d’une problématique pour l’ensemble de la Belgique. Et c’est sans doute ce qui doit le plus heurter les nationalistes à la lecture de la presse ce mercredi.