Le président du MR, Charles Michel, a plaidé jeudi en faveur d'une réforme fiscale après 2014, lorsque les finances publiques auront subi un sérieux assainissement.

"C'est à partir de 2014 que nous devons démarrer une réforme fiscale", a expliqué M. Michel devant un parterre d'hommes d'affaires lors d'un déjeuner-débat organisé par le Cercle de Lorraine.

Le président des libéraux francophones veut réduire le taux nominal de l'impôt des sociétés pour le ramener à la moyenne européenne, soit le faire passer de 33 à 25 pour cent, agir sur l'impôt des personnes physiques afin de mettre un terme aux pièges à l'emploi et réduire les droits de donation et de succession.

Il prône l'établissement de taux réduits pour encourager le réinvestissement dans l'économie et souhaite aussi mettre fin à certaines situations qu'il juge injustes, notamment celles de veufs contraints de vendre la maison familiale pour payer les droits de succession.

"En 2014, j'espère que nous pourrons forger les coalitions qui auront cette volonté-là", a-t-il déclaré.

"L'Etat doit dépenser moins et mieux"

Pour être menée, l'opération implique des finances publiques assainies, estime le libéral, afin d'éviter les affres qu'ont vécus des pays du sud de l'Europe. En 20 mois, le gouvernement fédéral aura à ce titre engrangé 20 milliards d'euros, a-t-il fait remarquer.

M. Michel n'entend pas faiblir. "Nous souhaitons poursuivre l'assainissement financier. C'est faire en sorte que l'Etat dépense moins et mieux", a-t-il expliqué avant d'appeler la Wallonie et Bruxelles, où le MR siège dans l'opposition, à suivre l'exemple fédéral.

Le président du MR a également tenu un plaidoyer en faveur de l'Europe. "L'Europe est une opportunité pour un pays d'exportation comme le nôtre. C'est un élément fondamental pour sortir de la crise", a-t-il souligné. Et de s'étonner des discours très critiques tenus à gauche: "Au vu de certaines déclarations, on peut se demander si, dans le chef de certains, il y a la volonté de sortir de l'Europe. Veulent-ils, comme Cameron (premier ministre britannique conservateur), sortir de l'Europe? "

Aux yeux de M. Michel, l'Europe doit néanmoins revoir certaines politiques, à commencer par la politique industrielle. La proportion d'emploi liée à l'industrie est tombée à 13 pc, s'est-il inquiété. "Je plaide pour plus d'ambition, qu'il y ait une stratégie en Belgique et en Europe. Je ne veux pas me résoudre à l'idée que, dans les prochaines années, on ne construira plus de voitures qu'en Asie".

La N-VA n'a pas été oubliée dans le débat. Le courant nationaliste a toujours existé en Flandre mais il a connu son essor lorsqu'il s'est doublé d'un discours socio-économique, a observé le président des Réformateurs qui ne se montre pas dupe de la stratégie de Bart De Wever.

"Ne vous y trompez pas. Je sais que l'homme est habile mais c'est d'abord un nationaliste et son ambition n'est pas de mieux gérer le pays mais d'arriver à une étape brutale qui créera le délitement accéléré de la Belgique", a-t-il averti.