C’est la rentrée. Et à quelques mois des élections, les partis politiques, derrière le rideau des discours préélectoraux, vont tout doucement s’attaquer à la constitution des listes électorales. Une tâche qui s’annonce ardue, puisque, l’an prochain, l’électeur sera convoqué pour élire à la Chambre, dans les régions et communautés, ainsi qu’au Parlement européen. Et, nouveauté, il n’est plus question de placer un même candidat sur deux listes différentes. L’exercice s’annonce particulièrement délicat (voire explosif) en périphérie bruxelloise puisque depuis les dernières élections, le fameux arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde a été scindé. Les problèmes qui s’y poseront aux partis francophones seront les mêmes que ceux qu’affronteront les partis flamands dans la capitale. Etat des lieux.

Commençons par la périphérie. Pour la Chambre, les électeurs des six communes à facilités pourront choisir de voter soit pour une liste flamande, soit pour une liste bruxelloise, comme le leur permet l’accord sur la scission. Il y a donc de fortes chances pour que les ténors que sont Didier Reynders (MR), Laurette Onkelinx (PS), Joëlle Milquet (CDH) ou encore Olivier Maingain (FDF) les appellent à voter pour eux. Les principaux candidats des six communes devraient en outre figurer sur les listes bruxelloises. Pour autant, les partis francophones pourront présenter une liste aux électeurs habitants en dehors de ces six communes. S’ils le font sera-ce sur une liste unique, seule chance pour eux d’obtenir un siège à la Chambre ou sur des listes séparées ? Il apparaît déjà que la formule liste unique s’avère improbable. La tête de liste étant assurée d’occuper ledit siège, on voit mal, par exemple, le MR, qui s’estime francophone dominant, soutenir un candidat FDF. Ou l’inverse.

Le FDF part seul

Le FDF a d’ailleurs déjà tranché : il présentera une liste propre afin “de réaffirmer l’importance de la ratification de la convention-cadre pour le respect des minorités” , explique Olivier Maingain qui se dit toutefois ouvert à la discussion. L’intérêt d’une liste unique est tout aussi relatif pour le CDH et que dire du PS qui ne pèse pas très lourd en périphérie et pourrait choisir de soutenir les listes SP.A. Le mode de financement des partis, basé sur le nombre de suffrages obtenus, devrait, en outre, encourager les partis à présenter chacun une liste. Quitte à perdre un siège par rapport aux Flamands. Ce risque est particulièrement aigu pour le FDF puisque, aujourd’hui, le siège francophone issu de la périphérie à la Chambre est occupé par son bourgmestre linkebeekois, Damien Thiéry. Ajoutons que la réforme prévoit que les suffrages obtenus par chaque liste seront comptabilisés pour la cooptation de quatre sénateurs, prévue par la réforme. Ce qui ne favorise pas l’union.

Le salut francophone pourrait venir d’un deal lié à la constitution d’une liste unique pour la Région-Communauté flamande dont le Parlement compte aujourd’hui un député francophone FDF. Soit une tête de liste pour les troupes d’Olivier Maingain, l’autre pour celles de Charles Michel. Et un élu pour chacun. Les relations pour le moins dégradées entre les deux ex-partenaires minent naturellement cette hypothèse. Pour l’heure, la volonté des partis est toutefois de présenter une liste unique pour le Parlement flamand quoi qu’il arrive.

Le problème se pose de la même manière pour la minorité flamande de Bruxelles qui, depuis la scission, n’a que peu de chance de rapporter un siège à la Chambre à sa communauté. Elle pourrait tenter de constituer une liste unique (hors Vlaams Belang) en vue d’espérer atteindre les 5 % nécessaires au décrochage d’un siège mais, à nouveau, à qui donner la tête de liste ? A la N-VA, premier parti flamand de Bruxelles dans les sondages ? Difficile. Une liste de la majorité fédérale sortante (CD&V, Open VLD, SP.A) est également possible tout comme un éclatement des candidats sur des listes partisanes. Au niveau régional, on se dirige d’ailleurs vers cette formule. Vu le contexte, il y a peu de chance que les néerlandophones prennent le risque de se présenter sur des listes francophones en laissant N-VA et Vlaams Belang s’adresser seuls au corps électoral flamand. 


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