Le sp.a ne veut pas de mesures d'économies sur la Sécurité sociale durant les cinq prochaines années. Les moyens supplémentaires qui seront nécessaires en vue de prendre en charge le vieillissement de la population devront être recherchés du côté de la lutte contre la fraude, l'introduction d'une taxe Tobin, une taxe sur les plus-values sur action et des économies dans la fonction publique ainsi que des "gains d'efficacité" dans la Sécurité sociale.

Le sp.a souhaite préserver la Sécu vu l'évolution du vieillissement; 13.500 personnes supplémentaires seront âgées d'au moins 65 ans en Flandre durant la prochaine législature, ce qui nécessite de garder dans ce secteur une croissance de 3,1% au-delà de l'inflation. "Celui qui s'opposera à cela devra expliquer comment il financera les pensions durant les 5 prochaines années", a indiqué mardi le président du sp.a Bruno Tobback lors de la présentation de ses propositions.

Le sp.a n'entend pas toucher à la classe moyenne et ne souhaite donc pas d'augmentation de la TVA ou des accises. En revanche, il est partisan d'une taxe sur les transactions financières et sur les plus-values boursières (1 milliard d'euros), et d'un accroissement de la lutte contre la fraude (3 milliards d'euros) ainsi que d'autres mesures fiscales qui peuvent rapporter 1 milliard d'euros.

En vue de favoriser la création d'emplois, le sp.a demande, au-delà des baisses de charges existantes (1,35 milliard d'euros), un certain nombre de demandes de baisses ciblées sur les travailleurs plus jeunes et âgés (1,2 milliard d'euros). Le sp.a n'a pas calculé d'éventuel effet retour des mesures qu'il propose et ne souhaite pas participer à la "surenchère" à propos du nombre de nouveaux emplois promis. Interrogé par la presse, Bruno Tobback a fini par lâcher que selon certaines estimations, il pourrait s'en créer de 40.000 à 50.000 en plus des 190.000 prévus par le bureau du plan.

Le patronat flamand veut plus d'économie de marché dans les soins de santé

Le Voka, la principale plate-forme d'entrepreneurs flamands, a plaidé mardi pour injecter davantage de mécanismes de marché dans le secteur des soins de santé, notamment en permettant au patient de gérer lui-même un budget personnalisé. Le Voka pointe du doigt une surconsommation de traitements en Belgique, avec notamment un taux de 40% d'enfants admis aux urgences alors que ce n'est pas nécessaire, ou 30% de recours inopportuns aux rayons X. A l'inverse, trop peu de moyens seraient attribués à la prévention, aux soins pédiatriques, aux personnes handicapées ou aux problèmes psychosociaux.

Les patrons flamands estiment que les prestataires de soins doivent être plus sensibles à la qualité et au coût des traitements qu'aux éventuelles aides publiques auxquelles ils donnent droit.

Le modèle actuel de payement par prestation peut être préservé pour les soins complexes et les diagnostics incertains, mais il convient aussi de développer un système stimulant la prévisibilité et la simplification, juge le Voka.

La plate-forme patronale demande de s'assurer que les intérêts financiers des acteurs de soins ne se contredisent pas aux dépens du patient. Ce dernier devrait en outre être davantage conscientisé au coût des soins, afin d'éviter le gaspillage. Le Voka évoque des bons en espèces constitués d'argent public permettant d'acheter des traitements. Pour éviter des soins de santé à deux vitesses, les montants seraient adaptés aux besoins une fois ceux-ci objectivés.