Après 482 jours de crise institutionnelle, les huit négociateurs ont mis un point final à la la sixième réforme de l'État.

Les négociateurs du PS, du MR, du cdH, d'Ecolo, du CD&V, du sp.a, de l'Open Vld et de Groen! ont donc mis la dernière main, vers 1h dans la nuit de vendredi à samedi, à ce qui devrait devenir la 6e réforme de l'Etat. Les négociateurs francophones Charles Michel, Laurette Onkelinx, Joëlle Milquet et Jean-Michel Javaux étaient tous satisfaits et parlaient d'un accord historique ou de "plus grande réforme de l'Etat de l'Histoire de la Belgique." Plusieurs négociateurs insistaient aussi dans la nuit sur la symbolique d'arriver à un accord qui sera présenté mardi au parlement, le jour de la rentrée parlementaire. Ils notaient aussi qu'il était important d'avoir montré la capacité de prendre des décisions alors que la crise autour de Dexia risque à nouveau de mettre à mal la cote de la Belgique sur le plan international.

Le travail n'est cependant pas terminé. Avant la formation d'un gouvernement, il faut encore un accord sur la trajectoire budgétaire et le budget 2012, et, de façon plus générale, sur la politique socio-économique que la prochaine majorité entend mener. C'est dans ce cadre qu'il faudra aussi déterminer l'entrée en vigueur des différents éléments de la réforme de l'Etat (avant ou après 2014) et compléter avec des données chiffrées l'accord sur la révision de la loi spéciale de financement.

La première question qui se posera maintenant et qu'il faudra résoudre avant de poursuivre les discussions sur ces sujets est celle de la coalition. Pour le dire simplement: avec ou sans les écologistes du nord et du sud du pays. Le formateur entamera des entretiens bilatéraux avec les huit partis à ce sujet.

Il leur demandera sans doute aussi quelles sont leurs priorités sur le plan socio-économique et budgétaire. Ces contacts ne commenceront que lorsque le chapitre institutionnel sera tout à fait bouclé. "D'abord la relecture globale lundi", disait la porte-parole d'Elio Di Rupo samedi matin.

Ecolo et Groen! disent qu'ils sont candidats à la participation, mais ajoutent qu'ils veulent y aller ensemble et être respectés au même titre que les autres partenaires. Le député Ecolo Olivier Deleuze le répète samedi matin dans la Libre, les Verts veulent chacun un vice-premier ministre.

Dans les rangs écologistes, on craint que le formateur ne fasse pas le choix lui-même mais qu'il leur propose des choses inacceptables. Il pourrait par exemple proposer la présidence du Sénat pour Groen! . Il faut en effet que la majorité future se mette d'accord pour mardi sur un candidat pour succéder au N-VA Danny Pieters à la tête de la Haute assemblée. On pourrait proposer un simple secrétariat d'Etat à Groen! . Après les déclarations qu'ils ont déjà faites, une telle proposition les obligerait quasiment à refuser. Ils devront alors expliquer qu'ils ne veulent pas gouverner pour des questions de postes ministériels, ce qui ne serait pas simple.

De toute façon, la négociation qui reste à mener avant la formation du gouvernement ne sera pas simple et le contexte, avec les difficultés de Dexia, ne rend pas les choses plus faciles. L'accord institutionnel auquel les huit partis sont arrivés devrait cependant constituer un ciment important pour passer ce cap difficile.

Plusieurs négociateurs estiment qu'il faudra encore de 2 à 3 semaines de négociations et prévoient que celles-ci pourraient démarrer dans la deuxième moitié de la semaine prochaine.