Hervé Jamar, gouverneur de la province de Liège, a proposé mercredi aux 84 bourgmestres de la province de Liège d’autoriser l’ouverture des terrasses le premier mai, sous certaines conditions, leur expliquant qu’il n’opposerait pas s’ils décidaient d’ouvrir les terrasses à cette date. Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, a jeté un fameux pavé dans la marre ce mercredi sur la RTBF, expliquant avoir reçu "de manière informelle des signaux du secteur Horeca à Liège” concernant une réouverture au 1er mai." Pour lui, le report de l’ouverture des terrasses est une erreur. "Je suis responsable de l’ordre public et je constate que nous n’avons pas assez de forces policières pour mettre fin à ces actions-là."

Certains bourgmestres ont tenu des propos du même ordre, tel Maxime Prévot, bourgmestre de Namur. Le début d’une fronde, qui entraînera d’autres bourgmestres derrière elle ? Olivier Maingain, ex-président de DéFI et bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, a choisi une autre stratégie.

"Nous en avons discuté en Collège. On trouve que nous, bourgmestres, n’avons pas à appeler à la désobéissance des mesures gouvernementales. Mais elles sont contestables sur le plan juridique. Nous allons donc octroyer aux Fédérations représentatives du secteur de l’Horeca un subside pour qu’elles puissent engager des procédures judiciaires pour contester les décisions gouvernementales. C’est ce qu’on fait dans un état de droit. Il est préférable d’octroyer un subside assez substantiel dont nous allons définir le montant."

Il s’agit clairement d’un incitant à aller en justice. "C’est ce que permet l’État de droit", ajoute Olivier Maingain. "Car il ne faut pas oublier que la désobéissance civile risque de se retourner contre les restaurateurs, avec des poursuites pénales et des amendes qui seront imposées. Et ce jour-là, ce ne sera pas M. Demeyer qui assumera les conséquences pénales et financières. Ce n’est pas correct ni honnête."