Au gouvernement fédéral, le nouveau ministre flamand est remplacé par Nathalie Muylle.

Maintenant que l’on sait qu’Hilde Crevits prolonge son séjour au sein du gouvernement flamand, la lutte pour la présidence du CD&V peut vraiment commencer. Après le départ annoncé de son président Wouter Beke, plusieurs noms de potentiels candidats ont surgi. Après neuf ans de présidence, Wouter Beke va donc céder le relais. La lourde défaite du parti démocrate-chrétien flamand lors des dernières élections lui a fait comprendre qu’il valait mieux en confier les clés à quelqu’un d’autre. Beke était, après le scrutin de mai, devenu ministre fédéral de l’Emploi en remplacement de Kris Peeters. Puisqu’il rejoint le gouvernement flamand, c’est Nathalie Muylle, une députée fédérale de 50 ans, qui le remplace dans l’exécutif Michel.

Depuis l’annonce de son départ de la présidence du parti, plusieurs personnalités du CD&V s’étaient manifestées, avec, en premier lieu, Hendrik Bogaert (51 ans). Il insiste depuis un certain temps pour que le parti s’éloigne du centre au profit de la droite. Entrer dans un gouvernement fédéral sans la N-VA est, pour lui, hors de question. Il avait en outre indiqué il y a quelques mois envisager sérieusement une candidature.

Un nom relativement nouveau est celui de Vincent Van Peteghem (38 ans). Il jouit d’à peine deux ans et demi d’expérience en tant que député fédéral mais il est, entre-temps, devenu bourgmestre de De Pinte, en Flandre orientale. Lors des dernières élections, il a été élu à la troisième place au Parlement flamand. Ces dernières semaines, il s’est surtout exprimé en tant que porte-parole des douze apôtres du CD&V, un groupe de travail qui a dû évaluer le fonctionnement du parti après la défaite électorale de mai dernier.

Sammy Mahdi (31 ans), le président des jeunes chrétiens-démocrates, n’a, lui, ni confirmé ni infirmé sa candidature au poste. Ce résident de Vilvorde a facilement trouvé son chemin vers les médias et est très à l’aise avec les réseaux sociaux, un domaine où son parti brille par son absence, selon le rapport du groupe de réflexion interne.

Il est très probable qu’au moins un de ces deux derniers noms cités annonce prochainement sa candidature. Ils attendaient cependant de connaître la position de Hilde Crevits (52 ans) avant de sortir du bois. Depuis l’annonce de Wouter Beke, la ministre flamande n’avait rien dévoilé de son jeu. Avec son bon résultat électoral de mai dernier, elle aurait probablement coupé l’herbe sous le pied aux autres.

Un risque de tension

Ce n’était pas un choix facile, a-t-elle reconnu mercredi matin sur les ondes de Radio 1. Elle a rappelé à cette occasion qu’elle était ministre depuis déjà douze ans, relevé qu’au regard du rapport des "douze apôtres", sa candidature aurait pu créer quelques tensions et qu’il y avait un besoin de renouveau à la tête du parti. Aux yeux de Hilde Crevits, il est dès lors important que les membres du CD&V choisissent ensemble un nouveau visage qui puisse façonner le parti du futur. Celui-ci pourrait cependant être marqué par une lutte entre les courants de gauche et de droite, au lieu de l’unité tant attendue.