Une étude du Crisp pointe sept zones aux réalités et aux perspectives très différentes.

Les difficultés rencontrées par la Wallonie pour opérer un redressement économique nécessaire à sa prospérité future font souvent l’objet de débats. Cette semaine, le Crisp (Centre de recherche et d’information socio-politiques - www.crisp.be) publiera une étude intitulée "Le redéploiement économique de la Wallonie face à la diversité de ses territoires".

Cette étude s’intéresse aux différents territoires qui composent la Wallonie. Elle analyse leurs forces et leurs faiblesses pour le développement futur de la région wallonne. Elle décortique aussi les politiques publiques menées ces dernières années au sud du pays ainsi que leur pertinence. Elle donne surtout des pistes pour redéployer la Wallonie.

Le conseil que les dirigeants wallons pourraient être amenés à suivre : le développement économique wallon n’a pas besoin d’une politique uniforme pour l’ensemble de son territoire mais plutôt de politiques ciblées.

Pour mieux comprendre le propos, les chercheurs ont identifié, au sud du pays, sept grands ensembles territoriaux. Dans cet article, deux de ces zones sont rassemblées dans un seul point (le point 4) parce qu’elles présentent de très grandes similitudes.

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1) Le Triangle wallon

C’est la zone au cœur de laquelle on retrouve le Brabant wallon et qui présente le niveau de développement économique le plus important. Elle bénéficie, notamment, de la proximité de Bruxelles. Selon l’étude, cette zone dynamique irradie une partie du Hainaut et du nord de la province de Namur.

Ses faiblesses : un manque de ressources pour les entreprises qui y sont installées et surtout un développement qui a tendance à se passer en dehors des pôles urbains que sont Wavre/Ottignies-Louvain-la-Neuve, Waterloo/Braine-l’Alleud et Nivelles, qu’il conviendrait de renforcer.

2) Le Hainaut de tradition industrielle

Cet espace va du Borinage jusqu’à l’est de Charleroi (50 km de long sur 20 de large). C’est une zone handicapée par un déficit d’attractivité et qui voit ses meilleurs éléments partir travailler ailleurs. Son atout : un pôle technologique important (Biopark). Pour les chercheurs, le redressement ne pourra s’effectuer que sur plusieurs générations. Ils préconisent plutôt d’y améliorer le cadre de vie pour attirer du monde et conserver les talents qui pourront ensuite contribuer au redéploiement économique. Les performances des systèmes scolaires doivent aussi être améliorées. Les chercheurs estiment aussi que le renforcement du peuplement "permettrait de limiter la dépendance à l’automobile".

3) La région liégeoise

L’étude du Crisp considère que cette région partage certaines caractéristiques du Hainaut de tradition industrielle (la ville de Liège) mais aussi du Triangle wallon (une partie de la périphérie de Liège). Les conseils donnés à ces deux zones peuvent trouver des applications en région liégeoise. Les chercheurs pointent l’émergence d’un véritable milieu de l’économie numérique et créative.

4) La Wallonie picarde et l’Entre-Vesdre-et-Meuse

Ce sont deux zones spécialisées "dans le secteur de l’agroalimentaire et de la distribution-logistique". Les deux pôles de compétitivité wallons consacrés à ces activités ont joué leur rôle. Les chercheurs conseillent de poursuivre dans cette voie.

5) Le Sud- Luxembourg

Une zone est un peu "amorphe" sur le plan de l’entreprenariat. Une déficience qui s’expliquerait par les avantages fiscaux du grand-duché de Luxembourg qui auraient un effet "aspirateur, à la création d’entreprises". Les chercheurs conseillent une collaboration avec le pays voisin parce qu’aussi longtemps que "les différentiels fiscaux seront tels, il ne semble pas réaliste d’attendre une amélioration de la situation".

6) La Wallonie des faibles densités

Une grande zone, peu peuplée, où les revenus "dépendent plus qu’ailleurs du tourisme". L’attractivité pour la logistique y est réduite. Si certains secteurs spécifiques s’y sont développés (du côté de Marche et Libramont), ils ne sont pas, selon les chercheurs, suffisants pour être significatifs. Le développement des pôles urbains situés sur la nationale 4 ne serait pas une bonne idée puisque divers projets déjà menés n’auraient pas eu les retours escomptés. Le conseil est de se diriger vers des productions liées au terroir (agriculture) et aux ressources locales (pierre, terre et bois).