La Wallonie a décidé de revoir la gestion de sa trésorerie afin de faire face aux conséquences de la crise du coronavirus, qui se traduisent, pour les finances régionales, par une hausse des dépenses et une baisse des recettes.

Même si plusieurs opérations de financement ont déjà été lancées, les difficultés risquent de s'accroître ces prochains mois, a souligné le ministre wallon du Budget, Jean-Luc Crucke. En avril, ce dernier avait estimé l'impact de la crise à 600 millions sur les recettes et 900 millions sur les dépenses.

L'impact sur la trésorerie, lui, se mesure jour après jour. "Il convient dès lors d'adopter une attitude prudente et de soulager au maximum la trésorerie pour faire face à un potentiel choc entre les dépenses et les recettes", a expliqué le ministre.

Pour rappel, la Région wallonne dispose d'une ligne de crédit totale de 2,75 milliards d'euros auxquels s'ajoutent 500 millions de prise ferme appelable sur simple demande suite à la conclusion d'un contrat caissier avec la banque Belfius en juin 2017.

"Optimaliser la trésorerie n'est pas synonyme de moyens supplémentaires. Par contre, une gestion plus harmonisée permet d'avoir le temps nécessaire pour opérer le financement dans les meilleures conditions et d'utiliser toute la flexibilité prévue par le contrat caissier pour gérer des situations exceptionnelles lors desquelles les dépenses augmentent plus vite que la perception des recettes comme c'est le cas actuellement avec la crise du covid-19", a encore indiqué Jean-Luc Crucke.

Concrètement, l'exécutif régional a validé vendredi la possibilité de mobiliser les trésoreries des comptes positifs, comme ceux de la Sofico par exemple, pour un total qui varie entre 100 et 200 millions d'euros par an. Par ailleurs, les versements des dotations des UAP centralisées (80% de leur montant total) vont être mensualisés, ce qui devrait soulager la ligne de trésorerie de 100 à 200 millions d'euros. L'option de rapatrier des services financiers en charge de la dette de certains UAP vers la Région va également être étudiée avec tous les acteurs concernés, permettant de réaliser les emprunts au nom de la Région et non de l'UAP pour une économie réelle estimée à 100 millions d'euros.

"Toutes ces pistes seront analysées en profondeur lors du travail sur le Budget Base Zéro. Si elles sont positives pour les finances de la Région, certains fonctionnements pourraient se voir pérenniser", a conclu le ministre.