Qui pour succéder à Yvan Mayeur ? A peine la démission du bourgmestre de Bruxelles était-elle confirmée que les spéculations sur le nom de son remplaçant occupaient déjà toutes les rédactions… Très rapidement, au PS, deux noms ont émergé pour sauver le navire socialiste en perdition : Karine Lalieux, députée fédérale et échevine bruxelloise, et Philippe Close, également membre du collège communal. A cette heure, Karine Lalieux tient la corde.

Cette femme de caractère est une bosseuse, elle est crainte des ministres de la "suédoise" qu’elle marque à la culotte en commission. A tel point que certains d’entre eux refusent de venir sur les plateaux de télé si c’est Karine Lalieux qui leur fait face. "Karine Lalieux a une personnalité proche de la population, engagée dans le combat féministe, c’est une femme entière, pointue sur ses dossiers, juge un socialiste. Elle a aussi la qualité d’être une excellente mandataire locale, tout en étant une excellente parlementaire."

Yvan, l’heureux premier suppléant…

Elle a sans doute l’envergure pour tenir l’hôtel de ville de Bruxelles, mais son CV a un autre point fort, nettement plus politique : si elle devenait bourgmestre de la capitale belge, elle pourrait renoncer à son mandat parlementaire et devrait alors être remplacée. Or, qui est le premier suppléant sur la liste du PS aux élections de 2014 ? Bingo : Yvan Mayeur… Ce roque arrangerait les bidons du PS car Yvan Mayeur, poussé à la démission jeudi par ses amis politiques, retrouverait à la Chambre un mandat tout chaud.

Encore faut-il que l’idée d’un parachute parlementaire soit acceptée en haut lieu au PS : ce stratagème donnerait à nouveau aux socialistes l’image d’un parti où l’on s’arrange toujours entre amis… Soit exactement l’inverse de l’effet recherché par le départ forcé du bourgmestre pris dans le scandale des rémunérations au Samusocial.

L’autre socialiste qui était toujours en lice jeudi soir, c’est Philippe Close. Son nom a surgi chez les bookmakers de la politique avant celui de Karine Lalieux. Sa désignation aurait, il est vrai, une saveur particulièrement acide pour le mayeur déchu. Philippe Close avait été cité un temps comme bourgmestre potentiel, mais l’irruption d’Yvan Mayeur avait brisé ses rêves.

Close peu apprécié au MR

Pire, en 2016, Philippe Close avait été "déshabillé" par un coucou socialiste qui avait pris son nid : Yvan Mayeur avait, d’autorité, piqué à son échevin la présidence de l’ASBL qui chapeaute les événements majeurs de Bruxelles (Bruxelles-les-Bains, le marché de Noël géant des Plaisirs d’hiver ou encore le Brussels Summer Festival). Une humiliation pour Philippe Close qui avait porté cette association depuis le départ. Elle lui assurait aussi un peu de visibilité médiatique.

Mais Philippe Close a une faiblesse. Bien que chef de groupe PS au parlement bruxellois, il n’a pas de mandat à échanger avec Yvan Mayeur. En outre, au MR, le grand partenaire du PS au sein de la majorité communale, on n’apprécie pas fort ce proche d’Elio Di Rupo. "Il faut savoir que, pour le MR de la Ville de Bruxelles, Mayeur est encore plus apprécié que Close… Donc cette hypothèse n’arrangerait pas les libéraux", analyse une source politique bruxelloise.

Les "ailes" de Courtois

Troisième nom cité, et aussi le moins probable : Alain Courtois, premier échevin MR (et député). Car, oui, le bruit a couru jeudi que les libéraux pourraient être les grands gagnants de la défenestration d’Yvan Mayeur en chipant le mayorat au PS. A Bruxelles, en résumé, le choix du bourgmestre est libre et donc Alain Courtois avait une chance sur le papier. Mais, même chez les libéraux, ce scénario n’avait pas la faveur des pronostics. "Courtois se sent pousser des ailes. Je doute fort de ce scénario", confie l’un d’eux.