Le Conseil d'État invoque le défaut d'urgence pour rejeter le recours, indique Damien Keutgen. "Cela lui permet de ne pas aller plus loin dans son analyse, et dès lors, de ne pas statuer sur la légalité des actes administratifs qui lui sont soumis", ajoute-t-il.

Ses deux agences de voyage avaient introduit deux recours devant le Conseil d'État pour contester la décision, le 2 septembre, des Affaires étrangères de faire passer toute l'Espagne et une grande partie de la France en zone rouge. Le second recours visait à faire suspendre les avis de voyage mis à jour par la suite.

"Je ne peux plus vendre aucun voyage compte tenu des listes adoptées par le SPF Affaires étrangères qui mettent en zone rouge toutes les destinations touristiques. Si l'État empêche les gens de voyager, il empêche les agences de voyages de travailler", déclare Damien Keutgen. "Nous avons pourtant démontré, pièces à l'appui, que la survie de la société était en jeu", estime-t-il, en précisant que tout le secteur est concerné.

"Il est constant que le Conseil d'État se retranche depuis des mois derrière le défaut d'urgence pour éviter de se prononcer sur des questions de légalité essentielles", dénonce l'avocate de l'agent, Audrey Lackner. L'institution donne, selon elle, "l'impression de fuir ses responsabilités face à des autorités qui prennent des décisions restrictives de liberté en toute illégalité".