Qu’il est loin le temps où le Premier ministre venait d’office, presque par nature, presque par obligation, des rangs du CVP, devenu le CD&V. Depuis le début de la campagne électorale, les candidatures plus ou moins déclarées se multiplient.

Dans la course au 16, rue de la Loi, on recense…

  • le candidat logique, Charles Michel (MR), Premier ministre sortant, qui espère rempiler à condition que ce soit à la tête d’un gouvernement de réformes socio-économiques, et non institutionnelles, comme il l’a répété dimanche
  • “la” candidate, trop rare, Gwendolyn Rutten, présidente de l’Open VLD, qui a déclaré ce lundi que “si la balle est dans notre camp, j’assumerai cette fonction avec plaisir (...) Nous ne laisserons pas passer la chance qu'une femme devienne Première ministre”
  • le candidat contre-nature, Jan Jambon (N-VA), dont le parti rêve toujours de la fin de la Belgique 
  • le candidat désigné d’office, Wouter Beke, président du CD&V, qui ne se déclare pas, mais qui sait que son heure est peut-être venue 
  • les candidats timorés, les écologistes Jean-Marc Nollet (Écolo), Kristof Calvo ou Meyrem Almaci (tous les deux Groen), que les sondages propulsent sur le devant de la scène 
  • le candidat nostalgique, Elio Di Rupo, président du PS et ancien Premier ministre, qui caresse encore l’espoir de retrouver le poste 
  • le candidat discret, Paul Magnette, qui assure que son avenir se situe à la tête du Parti socialiste, mais qui, dans un coin de la tête, n'écarte aucun scénario

Cette abondance de premiers-ministrables démontre, en fait, que les élections du 26 mai sont plus incertaines que jamais. À ce jour, bien malin celui qui pourra prédire la composition des futurs gouvernements (fédéral et régionaux) puisqu’on ne sait même pas quelles majorités seront arithmétiquement possibles. Le simple fait que les observateurs demandent à autant de personnes si elles sont prêtes à assumer la plus haute fonction politique en Belgique est, en soi, une preuve d’incertitude. Les jeux sont hyper ouverts. Vivement la vérité des urnes.