Le gouvernement fédéral a donc rendez-vous, ce mercredi, avec les Régions. Le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) va tenter de leur vendre sa recette belge pour relancer l’économie nationale : un mix de mesures. Hier, il a réuni ses vice-Premiers pour préparer la réunion. Des pistes ont été évoquées. Ou plutôt révoquées. Elles avaient déjà été explorées, en octobre, lors de la confection du budget 2014 de l’Etat, mais n’avaient pas fait l’unanimité.

Blocages persistants

Le "kern" de ce mardi n’a pas été plus fructueux. SP.A, CDH, MR et Open VLD prônent toujours une baisse de la TVA sur l’électricité de 21 à 6 %. Ils avancent que cela améliorerait le pouvoir d’achat des Belges et soulagerait les entreprises, surtout les plus énergivores. Mais la mesure reste difficile à avaler par le CD&V. Et le PS ne la soutient plus que mollement. Car elle coûte. Et elle n’est pas de nature à inciter les citoyens à ralentir leur consommation électrique.

Autre point de discorde : la loi de sauvegarde de la compétitivité. Les partis flamands et le MR veulent une mesure qui freine l’évolution du coût salarial. Une des propositions avancées serait de prolonger jusqu’en 2018 la limitation des hausses des salaires à la seule indexation automatique. Mais le PS et le CDH coincent. Ils estiment que le handicap salarial est faible, compte tenu des réductions de charge déjà octroyées par le gouvernement.

Il y a une autre raison à ces atermoiements : le fédéral ne voudrait pas être le seul à payer pour la relance. Le gouvernement voudrait que les Régions mettent aussi la main au portefeuille. Voici pourquoi. D’abord, les régions disposent de leviers importants. La recherche, l’aménagement du territoire, ou la mobilité, influencent fortement la compétitivité des entreprises. Ce sont des compétences largement régionales ou communautaires. Et puis, si le fédéral prend une mesure de relance, les Régions et les Communautés en tireront un bénéfice certain. Exemple : une baisse de la TVA sur l’électricité - si elle devait finalement être décidée - diminuerait la facture énergétique des entités fédérées et ralentirait l’indexation des salaires de leurs fonctionnaires. Le fédéral trouverait logique que cet avantage lui revienne. Pour financer la mesure.

Car il y a une évidence : toute mesure de relance devra être financée d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas le moment de lâcher la bride. La Commission européenne a livré, hier, ses prévisions budgétaires. Le bulletin de la Belgique n’est pas mauvais. L’institution européenne table sur un déficit de 2,8 % en 2013 et de 2,6 % en 2014. C’est largement en dessous des 3 %, ce qui devrait valoir à la Belgique de ne plus devoir craindre une sanction pour déficit excessif.

Mais la situation reste précaire. Notamment à cause des finances communales fort fragiles. Or, qui a la tutelle sur les pouvoirs locaux ? Les Régions. La discussion de ce matin risque d’être chaude.