Le gouvernement fédéral a de nouveau pris une salve de mesures, dites de liquidités, pour continuer de venir en aides aux personnes ou entreprises directement affectées par la crise du Corona. Pour l’essentiel, ces mesures d’aides, – qui consistent le plus souvent en versements d’espèces sonnantes et trébuchantes – avaient été prises en novembre 2020 et sont prolongées jusque fin juin. C’est que le virus est toujours là, et que la vaccination progresse lentement. De nombreux secteurs émargeant aux activités culturelles et de loisir au sens large sont donc toujours contraints à la fermeture, totale ou partielle. “Mais il s’agit d’aider ceux qui en ont véritablement besoin”, a résumé le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD).

Prologations jusque fin juin

En vrac, les annonces les plus importantes – un peu brouillonnes et pas toujours en concordance avec les communiqués envoyés par les ministres respectifs - concernent d’abord le droit passerelle doublé, qui sera accordé jusque fin juin, tant que les secteurs concernés seront fermés. Concrètement, comme l’a expliqué le ministre des indépendants et PME David Clarinval (MR), les travailleurs indépendants qui sont contraints d’interrompre leur activité en raison des décisions prises par les autorités ou qui sont dépendants de ces activités et interrompent complètement leur activité, continueront à bénéficier de la double prestation (3.228,20 euros pour un indépendant ayant charge de famille et 2.583,38 euros pour un indépendant isolé). Ce montant doublé est cumulable avec les activités de “take-away” et de “click and collect”. Les coiffeurs, autorisés à rouvrir à partir du 13 février, pourront eux aussi bénéficier du double droit passerelle pour un mois complet.

Pour les autres, contraints à fermeture partielle, le droit passerelle de crise pour les indépendants démontrant une baisse de chiffre d’affaires d’au moins 40% le mois qui précède l’introduction de la demande sera aussi prolongé jusque fin juin.

Pour l’horeca, mesure spécifique cette fois, il sera dispensé du paiement de la contribution « AFSCA » en 2021, comme cela avait été le cas en 2020. Or, cette cotisation peut grimper jusqu’à 3000 euros…

Prime de protection pour bas salaires

Autre mesure « générale » annoncée par le ministre de l’économie Pierre-Yves Dermagne (PS) : une prime de protection pour “les travailleurs de l’horeca, de la culture et de l’évènementiel, qui ne bénéficient que des plus bas salaires” (moins de 2755 euros brut, NDLR). Contraints au chômage temporaire “corona” longue durée, dans des secteurs fermés au moins jusqu’au1er mars, ils se voient attribuer une prime protection, “fonction du niveau de salaire, qui pourra se monter jusqu’à 780 euros brut”, a détaillé le vice-Premier ministre. Lequel a aussi annoncé, “pour les étudiants et les jeunes, notamment ceux qui ont perdu leur job durant la crise”, une enveloppe de 30 millions, qui sera mise à disposition des CPAS. L’objectif est “qu’ils puissent offrir un meilleur accompagnement aux jeunes et compenser la perte de revenus d’étudiants jobistes inoccupés”.

Autre annonce importante : le report de cotisations sociales jusqu’au mois de juin – les fameux 750 euros de cotisation trimestrielle. Attention, il ne s’agit donc pas d’une annulation de cotisation, mais d’un report. L’objectif, comme la majorité des mesures annoncées, est de soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs et indépendants ou la liquidité des entreprises actifs dans les secteurs touchés par la crise- entendez qui subissent un arrêt complet ou substantiel de leur activité.

Des “petites” mesures de solvabilité

Des mesures fiscales de solvabilité – qui renforcent donc les capitaux propres des sociétés – ont été prises en kern (comité ministériel restreint) pour un montant de 114 millions d'euros ce vendredi concerne d’abord les loyers. Pour faire simple, la première, de couverture des frais fixes, est une réduction d’impôt pour les bailleurs qui renoncent à leur loyer sera accordée, de 30 % du montant du loyer, avec un maximum de 5000 euros par mois, et un maximum de 45 000 par bailleur. Et ce, sur la période de mars à mai.

Autre mesure de solvabilité : le tax shelter. Mécanisme bien connu en Belgique, qui a déjà été proposé à deux reprises depuis le mois de mars 2020, ce tax shelter “nouvelle mouture” prévoit de renforcer les ressources des PME touchées (perte de chiffre d’affaires supérieure à 30 % sur un an, calculé sur la période de novembre à fin décembre) jusqu’au 31 août 2021, avec un incitant fiscal pouvant aller de 25 à 45 % suivant le type de société. « Une campagne d’information suivra afin de promouvoir le système en vigueur d’investissement dans les start-ups et les scale-ups (entreprises en forte croissance, NDLR)», précise le gouvernement.