Résumons. Dans sa note, le nouveau gouvernement confirme l’échéance de sortie du nucléaire en 2025, conformément à la loi de 2003. Mais il y a un mais. Le texte prévoir que, en cas de risque pour la sécurité d’approvisionnement en électricité du pays, cette échéance de 2025 pourrait être remise en question avec une éventuelle prolongation de la vie des réacteurs de Doel 4 et Tihange 3. Le gouvernement prévoit de faire le point en novembre 2021.

Un calendrier qui ne passe pas du côté d’Engie Electrabel, l’exploitant des centrales belges. Pour Engie, attendre fin 2021 pour trancher, c’est à la fois irréaliste et trop tardif pour espérer pouvoir prolonger la vie des réacteurs concernés au-delà de 2025. Un courrier en ce sens a été envoyé aux partis de la majorité. Une décision de principe sur la prolongation de Doel 4 et Tihange 3 doit être "prise au plus tard fin 2020", indique Engie dans son courrier.

Des travaux à prévoir

Engie avance plusieurs raisons. Notamment que les commandes de carburant et travaux nécessaires à la prolongation des centrales prendront 30 à 36 mois. L’amendement sur la loi de sortie du nucléaire doit donc être approuvé avant l’été 2022.

Si le gouvernement décide seulement fin 2021 de prolonger ou non deux réacteurs, il ne restera que six mois pour faire voter l’amendement par le Parlement. "Clairement insuffisant", estime Engie. Une étude d’impact sur l’environnement devra être réalisée - entre 18 et 24 mois - et l’Union européenne devra se prononcer, ce qui prendra encore entre 6 à 12 mois, poursuit Engie.

La nouvelle ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), n’a pas souhaité réagir à la note d’Engie Electrabel. Mais, dans l’entourage du gouvernement, on estime que le scénario d’urgence reste possible dans les délais impartis. V.S. (Avec Belga)