Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a accordé mardi pour six mois maximum les pouvoirs spéciaux au gouvernement arc-en-ciel afin de gérer la pandémie de Covid-19 et préparer efficacement la prochaine rentrée scolaire et académique. La mesure - inédite dans l'histoire de l'institution communautaire - a été approuvée par les députés de la majorité PS-MR-Ecolo, appuyés par ceux l'opposition cdH et DéFI. Le PTB s'est quant à lui abstenu.

Avec ces pouvoirs spéciaux, le gouvernement de la Fédération pourra prendre seul toutes les mesures législatives utiles dans le cas où le Parlement ne serait, en raison de la propagation de la pandémie, plus en mesure de valider lui-même les décrets nécessaires à la gestion rapide et efficace de la pandémie ainsi qu'à l'organisation de la prochaine rentrée scolaire et académique.

"Cette proposition de décret n'est en aucun cas un cadeau, ni un blanc-seing donné au gouvernement. C'est au contraire pour lui la charge d'une responsabilité immense, une responsabilité à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres aujourd'hui, une responsabilité à la hauteur aussi du travail et de l'engagement qui sont ceux de tous les acteurs de notre Fédération", a commenté le ministre-président Pierre-Yves Jeholet (MR) avant le vote.

Pour se conformer aux consignes de distance sociale, les députés présents mardi dans l'hémicycle siégeaient à bonne distance les uns des autres. Certains ont même dû prendre place dans les tribunes traditionnellement réservées au public.

La proposition de décret d'octroi des pouvoirs spéciaux a été approuvée lors d'un vote nominatif par 55 oui (PS, MR, Ecolo, cdH et Défi) et 10 abstentions (les élus PTB).

"Nous pensons que l'attribution des pouvoirs spéciaux n'est pas forcément justifiée", a défendu leur cheffe de groupe, Alice Bernard. "Les pouvoirs spéciaux, ça signifie qu'on met de côté la fonction d'une institution de la démocratie. Nous pensons que les députés ont des capacités à faire des propositions et à faire remonter des contributions du terrain".

Ce vote historique au Parlement de la Fédération est survenu quelques heures après un vote similaire à Namur où le Parlement de Wallonie a lui aussi accordé les pouvoirs spéciaux à l'exécutif wallon pour gérer la crise actuelle.