Politique belge

C’est ce mardi que le Parlement flamand sera officiellement installé. Cent vingt-quatre députés venus des quatre coins de Flandre y prêteront serment. Soixante-sept novices ont déjà participé à la journée de bienvenue organisée mercredi dernier par les services parlementaires. Pour quarante-trois d’entre eux, il s’agit d’un premier mandat parlementaire. À l’heure actuelle, on ne connaît pas encore la majorité qui aura le pouvoir en Flandre.

Elu le 26 mai mais ayant l’intention de faire profiter son suppléant de cette élection, Herman De Croo (Open-VLD) a choisi de prolonger son interminable carrière politique de quelques heures pour présider cette première assemblée du 18 juin 2019. Au seuil d’une retraite déjà annoncée à plusieurs reprises, le voilà qu’il revient sur le devant de la scène flamande. Il s’offre cette parenthèse professionnelle supplémentaire pour éviter que la haute assemblée ne soit présidée par le député jouissant de la plus grande ancienneté… qui n’est autre que Filip Dewinter du Vlaams Belang. Sage parmi les sages, De Croo avait déjà présidé l’assemblée flamande il y a cinq ans. Les us et coutumes de la présidence, il les connaît fort bien car il fut installé au perchoir de la Chambre pendant huit ans. Herman De Croo affirme que ce dernier fait d’armes lui permet de prendre congé dignement du Parlement flamand. Aussitôt après avoir reçu la prestation de serment des 123 parlementaires régionaux, l’élu de 81 ans a promis de démissionner. Son geste permet aux députés flamands de ne pas prester serment devant un élu du Vlaams Belang. Il n’empêche cependant pas que deux élus d’extrême-droite le seconde dans sa tâche. Adeline Blancquaert en Filip Brusselmans sont en effet les deux plus jeunes députés flamands. Et c’est en cette qualité que ces jeunes pousses du Belang seront désignés vice-présidents de l’assemblée.

Un favori: Kris Van Dijk

L’assemblée désignera alors un autre président qui sera choisi, à titre provisoire, dans les rangs de la plus grande formation : la N-VA. (35 élus). Il s’agit bien d’une nomination temporaire car la présidence du parlement est un poste (comme les fonctions ministérielles) qui dépend des négociations pour former un nouveau gouvernement. Mais il n’est pas exclu non plus que le perchoir échoie à un autre parti politique que la N-VA. Normalement en Flandre, la présidence revient à un parti différent de celui qui livre le ministre-président. Au cours de la législature écoulée pourtant, Jan Peumans (N-VA) présida bien l’assemblée alors que le ministre-président Geert Bourgeois fut du même parti. La N-VA avance d’ores et déjà Kris Van Dijck (chef de groupe N-VA au parlement flamand) comme candidat-président de la haute assemblée. Cet ancien secrétaire général de la N-VA, expert des questions de l’enseignement, connaît bien les rouages du Vlaams parlement situé Leuvenseweg 86 où il y siège depuis 24 ans. Kris Van Dijck a été réélu bourgmestre de Dessel en octobre dernier, la commune en province d’Anvers où il a la majorité absolue depuis douze ans.

Ce mardi, la nouvelle assemblée flamande devra également désigner les vice-présidents et les secrétaires. Selon le Belang van Limburg, le parti d’extrême-droite verrait bien Filip Dewinter comme premier vice-président ce qui voudrait dire qu’il serait appelé à remplacer le président en cas d’absence de celui-ci. Normalement, les membres du bureau de la haute assemblée sont élus lors de la séance d’ouverture après quoi le président déclaré que le parlement est “constitué”.