Cette commission, qui commencera ses travaux à la rentrée, portera une attention particulière aux aspects et aux conséquences sanitaires, organisationnels, économiques et sociaux de la crise et établira des recommandations pour améliorer la lutte face aux crises futures. Elle sera composée de 10 membres effectifs et de 10 membres suppléants (3 PS, 3 MR, 2 Ecolo, 1 PTB et 1 cdH) et ses travaux seront menés "dans le respect des compétences respectives des différents niveaux de pouvoir", a assuré la majorité. "Nous devons analyser ce qu'il s'est passé, en tirer les enseignements et émettre des recommandations pour la gestion de futures crises sanitaires dans notre Région. C'est un devoir vis-à-vis de l'ensemble des citoyens", a commenté le chef de groupe du PS au parlement wallon, André Frédéric. "Nous avons un devoir de vérité et de transparence à travers cette commission qui doit permettre d'y voir plus clair sur les différentes mesures", a renchéri la députée libérale Jacqueline Galant. 

Dans les rangs de l'opposition, on regrettait surtout le refus de la majorité d'amender le texte afin d'y intégrer, dès le départ, la possibilité que la commission spéciale se transforme, le cas échéant, en commission d'enquête parlementaire. "Il est faux de dire que cette transformation ne sera pas possible. A ce stade-ci, nous faisons confiance aux gens que nous allons inviter mais s'il le faut, la commission spéciale pourra se transformer, après débat, en commission d'enquête parlementaire", a pourtant assuré le député Ecolo Manu Disabato. Selon la majorité, nul besoin, pour ce faire, de prévoir dès le départ cette possibilité. "Notre objectif, ce n'est pas de trouver des coupables; c'est de voir comment éviter que cela se reproduise. Si ça s'avère nécessaire, nous passerons par une commission d'enquête, après un vote du parlement. Il est possible qu'on y arrive mais inscrire cette possibilité dès le départ, c'est du pipeau", a renchéri le chef de groupe du MR au parlement régional, Jean-Paul Wahl. "C'est un mauvais départ. En refusant les amendements de l'opposition, la majorité donne l'impression de vouloir tout cadenasser et de vouloir à tout prix protéger son gouvernement alors qu'on aurait pu travailler de manière sereine, sur la base d'un consensus", avait auparavant regretté le député cdH Benoît Dispa. "Dès le départ, nous savions que la majorité ne voulait pas de commission d'enquête. Mais nous demandions au minimum, comme c'est le cas au fédéral, que soit prévue la possibilité que la commission spéciale se mue, en cas de besoin, en commission d'enquête. Mais là aussi, et de manière incompréhensible, ça a bloqué", avait poursuivi le parlementaire humaniste. "Malgré le rapport accablant de MSF sur les homes. Malgré les couacs vécus dans les autres commissions spéciales coronavirus (rétention de documents, huis clos, ...), la majorité refuse de créer une commission d'enquête au parlement wallon", avait pour sa part dénoncé le chef de groupe du PTB au parlement régional, Germain Mugemangango. Sans surprise, le texte a finalement été adopté par la majorité, le cdH s'abstenant tandis que le PTB votait contre. La commission spéciale sera donc installée dès demain/jeudi après-midi. Ses travaux devraient débuter à la toute fin du mois d'août pour se terminer le 30 novembre.