Au coeur de la tourmente, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est fortement critiqué. De nombreux poids lourds lui reprochent plusieurs erreurs dans la gestion du parti, dans les négociations gouvernementales, son style autocratique, etc. Ils voudraient l'éjecter de son bureau de l'avenue de la Toison d'or (le siège du parti à Bruxelles). Mais Georges-Louis Bouchez reçoit également des soutiens.

Par exemple, Stéphane Obeid (MR), Premier Echevin de la Commune de Ganshoren, a pris la plume pour défendre le jeune leader libéral. Dans un long mail transmis à tous les mandataires libéraux bruxellois, il explique sa position qui peut sembler, dans le contexte actuel, aller à contre-courant.

En voici quelques extraits. 

"A l’heure où d’aucuns tentent de remettre en cause sa légitimité à la tête de notre mouvement, en témoignant parfois à visage caché -ce que je regrette -, il est utile de rappeler que Georges-Louis Bouchez a joué un rôle essentiel dans la résolution de la crise politique qui a marqué le pays depuis mai 2019. Certains argueront que la défense des valeurs libérales, qui constituent les motifs premiers de son accession à la présidence du MR, a failli nous coûter un renvoi dans l’opposition. Ce que beaucoup semblent oublier aujourd’hui, c’est que Georges-Louis Bouchez a réussi à éviter que la N-VA et le Parti socialiste puissent mener des politiques communautaires nous conduisant au confédéralisme d’une part et à des mesures fortement socialistes aux antipodes de nos valeurs libérales d’autre part", écrit Stéphane Obeid. 

Et le casting raté ? "Une erreur d'appréciation"

Stéphane Obeid, toutefois, se montre critique à l'égard des plus récentes décisions de Georges-Louis Bouchez. En particulier, à l'égard de la désignation de Mathieu Michel (frère de Charles Michel et fils de Louis Michel) dans le casting fédéral. 

"A l’heure d’une gouvernance nouvelle, était-ce le choix le plus judicieux de désigner Mathieu Michel, fils de Louis Michel et frère de l’ancien Premier Ministre en tant que Secrétaire d’Etat ? Probablement que non. L’influence et l’importance de la famille Michel au sein du Mouvement Réformateur précède de loin l’accession de Georges-Louis Bouchez à la Présidence, c’est un fait et on ne change pas cela au bout de 10 mois. Après des nuits de négociations avec les partenaires de la majorité Vivaldi et la nécessité d’opérer des choix difficiles, est-ce que le fait de ne pas avoir intégré un décret wallon sur la parité constitue un argument suffisant pour mettre fin au mandat de Président de notre formation politique ? La réponse est non. Oui, il y a eu une erreur d’appréciation, Errare humanum est, perseverare diabolicum - L'erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique."

Risque de crise interne

Enfin, le Premier Echevin de Ganshoren estime qu'il faut à tout prix que le MR évite de rouvrir une guerre interne. "Les récentes décisions de notre président ne doivent ni occulter les motifs de son accession à la Présidence de notre mouvement ni le travail abattu jusqu’à aujourd’hui, ce serait une erreur de jugement conduisant aux débuts d’une crise interne dont personne ne connaît aujourd’hui l’issue. Les questions de personnes ne doivent pas prendre le dessus sur le projet libéral que nous défendons tous, sans quoi nous serons amenés à l’avenir à choisir des présidents de parti non plus pour les valeurs incarnées et le projet qu’il/elle souhaite porter mais bien pour des raisons purement stratégiques."