Le chef de groupe du PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, a appelé lundi à la formation d'un "front démocratique" contre l'extrême droite et demandé au trio Lachaert-Coens-Bouchez de "clarifier leur attachement aux valeurs démocratiques" face à "l'ambiguïté structurelle" de la N-VA vis-à-vis du Vlaams Belang. "Certains minimisent les propos de Gwendolyn Rutten", a regretté M. Laaouej sur Bel-RTL, trois jours après la révélation par l'ex-présidente de l'Open Vld que la N-VA avait fait l'an dernier une "offre généreuse" pour former un gouvernement flamand avec le parti d'extrême droite.

L'actuel président de l'Open Vld, Egbert Lachaert, avait réagi en jugeant que "le passé est le passé", tandis que le chef de groupe du CD&V à la Chambre, Servais Verherstraeten, a dit douter de la réalité d'une telle offre.

Ahmed Laaouej en appelle à "un vrai front des démocrates pour faire reculer l'extrême droite".

"Aujourd'hui, ceux qui sont à la manœuvre pour former un gouvernement fédéral doivent clarifier leur attachement aux valeurs démocratiques, aux libertés individuelles et aux droits fondamentaux", affirme le président du PS bruxellois en citant le trio des présidents de l'Open Vld, du CD&V et du MR.

Il constate depuis plusieurs années des discours "aux relents d'extrême droite" dans le chef de certains membres de la N-VA, sur le terrain des libertés individuelles et fondamentales, dans les attaques contre les syndicats, les ONG ou les personnes d'origine étrangère. "Il faut clarifier les positions vis-à-vis de cette ambiguïté structurelle de la N-VA".

Dans De Standaard, le ministre-président wallon Elio Di Rupo voit dans les propos de Mme Rutten "la confirmation de ce que (le président du PS) Paul Magnette et moi-même craignions depuis longtemps".

"Mais nous ne savions pas que ça allait aussi loin. Si la N-VA et le Vlaams Belang veulent collaborer, il est pour nous totalement impensable d'encore monter au gouvernement avec eux". Le Vlaams Belang est un parti qui est "dans le fond, raciste", insiste M. Di Rupo. "A chaque fois qu'un parti d'extrême droite comme celui-là monte au pouvoir, on constate à quel point les droits fondamentaux, les libertés individuelles et syndicales sont lourdement réduites. Je comprends parfaitement que Gwendolyn Rutten ait immédiatement dit non". Le socialiste wallon rappelle aussi que les tentatives du PS et de la N-VA de trouver un terrain d'entente ont toutes échoué par le passé. Il considère que le président de la N-VA Bart De Wever n'a jamais vraiment fait d'effort pour y parvenir.